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La saison des femmes

( Parched )

Un film de Leena Yadav

Scénario de Leena Yadav, Supratik Sen

Avec Radhika Apte, Sayani Gupta, Adil Hussain

Inde - 2016 - 1h57. Sortie France : 20 Avril 2016

Inde, Etat du Gujarat, de nos jours. Dans un petit village, quatre femmes osent s'opposer aux hommes et aux traditions ancestrales qui les asservissent. Portées par leur amitié et leur désir de liberté, elles affrontent leurs démons, et rêvent d'amour et d'ailleurs.

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Projection : Lundi 4 Juillet 2016 - 19h30

Prix du jury et prix d’interprétation féminine, Valenciennes 2016

Quel film réjouissant, avec un ton qui oscille constamment entre séduisant pamphlet féminin, pour ne pas dire féministe et Bollywood chatoyant ! Un cri de guerre joyeux au service des femmes mais aussi des hommes, tout autant prisonniers qu’elles des règles imposées par leur société patriarcale.

Le comité de censure indien va-t-il accepter sa diffusion dans son pays ? C’est déjà un petit miracle que le film ait vu le jour : entre les producteurs qui refusaient de le soutenir, les villages qui ne voulaient pas accueillir un tournage dirigé par une femme plus adepte du port des pantalons que du voile... Mais la réalisatrice Leena Yadav n’a jamais baissé les bras, comme ses personnages, ces terribles drôlesses.

La saison des femmes suit l’émancipation progressive de trois amies d’un village perdu : la toujours sage Rani, jeune veuve qui peine à élever seule son fils, Lajjo, battue par un mari alcoolique et Bijli, danseuse et strip-teaseuse, qui se produit dans des cabarets itinérants. Elles sont rejointes par Janaki, mariée de force à quinze ans au fils de Rani.

Chacun de ces personnages, inspirés de rencontres réelles, reflète une facette de la société indienne misogyne où la femme demeure la propriété de son père et de son mari. Cette brutalité est représentée sans pathos en adoptant les codes joyeux de Bollywood et la musique est magnifiée par la voix de Gaazi Khan. Mais si les quatre héroïnes sont remarquables, c’est moins par la manière dont elles agissent que par leur capacité à envisager d’agir. Conditionnées par une certaine vision du monde, elles sont parfois rattrapées par leurs propres actes rétrogrades.

Leena Yadav n’a pas de revendication agressive. Elle ne crie pas, ne juge pas, ne condamne pas. Elle veut juste ouvrir l’espace de la réflexion, de l’interrogation, sur cet héritage social et politique à réévaluer. Elle a voulu, dit-elle, « remettre en question des préjugés sociaux malsains qui se font passer pour des traditions culturelles ».

La riposte à ce constat violent est débordante d’énergie, d’imagination et d’insolence. Un coup de maître.

Sources : Utopia, Figaroscope, Le Monde (avril 2016)