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Grave

Un film de Julia Ducournau

Scénario de Julia Ducournau

Avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella...

France - 2016 - 1h38. Sortie France : 15 Mars 2017

Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature.

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Projection : Lundi 29 Mai 2017 - 19h00 - 21h00

Prix du public du Festival International du Film de Toronto 2016; Grand Prix et Prix de la Critique du Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2017

Grand prix et prix de la critique du film fantastique, Gérardmer 2017. Prix spécial ciné+ frisson et oeil d’or du public du fantastic film, Paris 2016. Meilleur long métrage et Méliès d’argent, Catalogne de Sitges 2016. Octopus d’or et prix du public du film fantastique, Strasbourg 2016. Prix du public, Toronto 2016. 
Des circonstances vont contraindre Justine, végétarienne, à manger de la viande et, par là même, à découvrir sa vraie nature.
Jeune trentenaire à l’allure élégante, Julia Ducournau présente un premier long métrage qui a demandé des années d’écriture, seule d’abord puis aidée de son producteur Jean des Forêts qui indique : « Du moment qu’un réalisateur sait ce qu’il veut faire, tout est possible. Julia savait très bien ce qu’elle voulait faire. » (1) Elle décide de partir du thème de l’anthropophagie. Sujet tabou par excellence, sujet repoussoir s’il en est… Pour que le spectateur y adhère, la réalisatrice présente son personnage principal sous les traits d’une jeune fille, page blanche à tout point de vue, qui va connaître le bizutage d’entrée en école vétérinaire. L’empathie pour Justine s’installe furtivement. Julia Ducournau conduit le spectateur, là où elle veut le conduire ; elle dépasse la simple question de la pratique alimentaire et creuse d’autres thèmes qui lui sont chers : « J’ai abordé la question de la métamorphose dès mon premier court métrage [Junior, un garçon découvrant sa féminité suite à une mue]. J’aime l’idée de l’intérieur qui rejaillit vers l’extérieur. J’aime questionner sur notre propre humanité et sa complexité. J’aime déranger les gens sans les effrayer et leur parler de ce que l’on n’ose pas dire. Je n’aime pas m’arrêter aux apparences ». (1)
Habile et abouti dans son propos, le film l’est aussi dans sa forme. Avec des scènes au montage précis (la fête avec 300 figurants, le match durant lequel Justine prend conscience de ses penchants), des références assumées (Carrie au bal du diable de De Palma, La nuit des morts vivants de George A. Romero…), une bande-son travaillée (avec bruits organiques !) et une chute inattendue, la réalisatrice propose un subtil mélange de genres (pseudo-gore, horreur, comédie…) ce qu’elle appelle un « cross-over », un de ces films hybrides davantage acceptés par les cinéphiles d’Outre-Atlantique que par ceux de notre vieille Europe. Une occasion rêvée pour les « Bobinettes » et les « Bobineux » qui ont faim (...) d’élargir leur champ cinématographique !

Textes : La bobine – Janvier 2017
(1) Propos recueillis au festival Premiers Plans d’Angers le 27 janvier 2017