Films et Programmes

Téléchargements

Inscription Newsbobine


Les tarifs

Carte d'adhésion annuelle

- Adulte : 15 €
- Jeune : 5 €

Les cartes 2017/2018 sont disponibles à la vente aux horaires d'ouverture habituels du cinéma AXEL

Tarifs adhérents

- 5,20 € pour tous les films programmés au cinéma Axel
- Tarif réduit en vigueur pour tous les films à l'affiche des 5 Nef

Italie: Nord / Sud

Deux films italiens avec pause gourmande

19H - Fortunata

 (1h 43min)

De Sergio Castellitto

Avec Jasmine TrincaStefano AccorsiAlessandro Borghi

Fortunata a une vie tourmentée, une fille de huit ans et un mariage raté derrière elle. Elle est coiffeuse à domicile et se bat tous les jours avec une détermination farouche pour réaliser son rêve : ouvrir un salon et prendre en main son destin, conquérir son droit au bonheur. 


 

21H15 - L'Intrusa

(1h 35min)

De Leonardo Di Costanzo
Avec Raffaella Giordano, Valentina Vannino, Martina Abbate

Naples. Aujourd’hui. Giovanna, travailleuse sociale combative de 60 ans, fait face à une criminalité omniprésente. Elle gère un centre qui s’occupe d’enfants défavorisés. Un jour, l’épouse d’un criminel de la Camorra  et ses deux enfants se réfugient dans ce centre.


More details

Projection : Jeudi 8 Février 2018 - 19h00 - 21h15

Fortunata

Italie - 2018 - 1h58 - VOST Réalisation : Sergio Castellitto Scénario : Margaret Mazzantini Image : Gian Filippo Corticelli Montage : Chiara Vullo

avec Jasmin Trinca (Fortunata), Nicole Centanni (la petite fille), Edoardo Pesce, (le mari), Stefano Accorsi (le psy), Hanna Schygulla (la mère du tatoueur)...

Prix d’interprétation féminine à Jasmine Trinca, Un certain Regard - Cannes 2017



Le cinéma italien bien présent à La bobine

La bobine compte assez d’italophiles dans ses adhérents pour s’intéresser au cinéma italien depuis de nombreuses années. Ainsi il a été possible de suivre son évolution jusqu’à nos jours. Cf. dernier numéro de La newsbobine à l’adresse www.labobine.com

Et la découverte continue avec quatre films au programme ce trimestre.

« Ce film est un concentré de poésie radieuse qui débouche sur un message d’espoir, la courageuse Fortunata cherchant à se réconcilier avec elle-même. »

Pierre Vedral, aVoir-aLire, 05/01/18

« L’intrusa, beaucoup de vitalité, d’échanges, de rires, mais aussi de tension dans ce film à la lisière du documentaire signé par un réalisateur consciencieux. »

Jacques Morice, Le Monde, 12/12/17

« 7 minuti pose une réflexion sur la condition d’ouvrier avec une question : jusqu’à quel point peut-on brader sa dignité pour garder son emploi ? »

Keyvin Gueydan, Abus de ciné, déc. 2017 


Fortunata, coiffeuse à domicile, partage sa fille de huit ans avec son mari policier dont elle veut divorcer. Elle croise alors un ta- toueur porté sur la drogue et un psy qui cache ses fragilités...

Fortunata n’est pas un énième film sur le divorce mais plutôt le portrait d’une femme d’aujourd’hui qui, perchée sur ses talons hauts, court après le temps, après la vie, après l’argent, après la stabilité professionnelle, après la chance, après l’amour... après le bonheur en somme. Elle y jette toute son énergie, cumule quelques maladresses et se met en danger. Elle rencontre des personnages solidement campés, tous plus complexes qu’il n’y paraît de prime abord. Pas un seul n’est laissé à l’écart : la petite fille craquante de naturel, le psy pas aussi clair qu’il ne le voudrait, le flic dur et borné... Les acteurs sont convaincants, Jasmin Trinca en tête. Elle a ici un superbe rôle, plus époustouflant que celui dans lequel nous l’avions vue lorsqu’elle tombait dans les bras de Joey Starr (Une autre vie d’Emmanuel Mouret -2013-). Anna Schygulla, qui fut dans les années 1970-80 une des actrices fétiches de R.W. Fassbinder, tire son épingle du jeu et ceci malgré un rôle réduit à quelques courtes apparitions.

Façades décrépies aux larges fenêtres, toits hérissés d’antennes et paraboles, amants sur un carrelage bicolore, scène d’amour frontale, gymnastique des Chinois sous la pluie... la mise en image ne refuse pas les effets visuels. Les mouvements de caméra souples et mobiles font alterner scènes intimistes et plans larges aux actions « déjantées ». Les angles de prise de vue, dont certains surprenants, bénéficient d’une mise en lumière soignée. Est-ce une sorte de cinéma néo-réaliste qui aurait rencontré un Almodovar assagi ?

Film bien mené sur les dualités mère/fille, mari/amant, fille/ père, innocence/culpabilité... beau film qui ne manque pas de questionner.

« Qui sait si cette vie est mieux que l’autre ? »


Texte : Jean-Luc, 24/10/17. Sortie nationale : 24/01/18 



L’intrusa

Italie – 2017 – 1h35 – VOST
Réalisation et scénario: Leonardo Di Costanzo
Image : Hélène Louvart
Montage : Carlotta Cristiani
avec Raffaella Giordano (Giovanna), Valentina Vannino (Maria),
Martina Abbate (Rita)...

Pyramide d’Or du meilleur film, Le Caire 2017

Giovanna mène avec fermeté un centre aéré pour enfants défavorisés. Elle y accueille un jeune couple et sa petite fille. Une arrestation va bousculer les habitudes et les certitudes de chacun...

Le film de Leonardo de Constanzo est admirable d’intelligence et d’écriture. Il a été tourné dans un lieu rarement montré au cinéma et dont on sort peu pendant toute la durée du film. Il y concentre toutes les contradictions de l’Italie du sud. Sa mise en scène n’est pas dans le non-dit mais dans la suggestion permanente. Nous ne sommes pas dans le spectaculaire, et pourtant le danger est là. Les liens de Giovanna, femme venue du Nord (on le comprend à son accent) avec Maria la Napolitaine vont peu à peu évoluer, sans que rien de définitif n’advienne jamais. Toutes les deux ne sont-elles pas des intruses ?

Finalement, c’est le film tout entier qui nous fait partager le regard de Giovanna sur ces êtres abîmés par la mafia, dévoilant leur détresse terrible grâce à des situations extrêmement simples : un biberon qu’on ne peut plus chauffer faute d’électricité, un bébé qui pleure, une petite fille qui ne sait plus sourire. Si l’on peut regretter l’austérité presque monacale de sa mise en scène, L’Intrusa dévoile avec finesse l’entreprise éducative de Giovanna auprès de Maria et son progressif apprentissage du respect de l’autre. Sans être vraiment heureux, son dénoue- ment atteint une belle justesse où le plaisir du vivre ensemble paraît triompher, le temps d’une fête d’enfants particulièrement émouvante, sur quelques notes joyeuses de fanfare.

Ce film sensible nous confronte à un cas d’école sur les limites de l’utopie et à un vrai dilemme moral incarné : une belle gravité, une ouverture à la complexité des choses, une manière de prendre à cœur des questions qui concernent nos sociétés.

Bien entourée par les autres acteurs, enfants comme adultes, Raffaella Giordano offre, dans le rôle principal, une remarquable prestation.


Sources : Critikat.com, 22/05/17 - Les Inrockuptibles, Le Monde, 23/05/17.