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Hep taxi !

19H: Taxi Sofia

 

20h45: pause gourmande

 

21h15: Un jour nouveau

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Projection : Lundi 26 Février 2018 - 19h00

Taxi sofia

Bulgarie - 2017 - 1h43 - VOST
Réalisateur : Stephan Komandarev
Scénario : Stephan Komandarev, Simeon Ventsislarov Image : Vesselin Hristov
avec Vassil Vassilev, Ivan Barnev

On peut dénicher à l’arrière des berlines un excellent sujet de cinéma. C’est à Sofia, par une nuit glaciale de janvier, que Stephan Komandarev a trouvé le sien : « Le chauffeur me racontait que les taxis de Sofia étaient quelque chose comme les services sociaux de Bulgarie. Quand les gens avaient perdu leur emploi, la première chose qu’ils essayaient, c’était de devenir chauffeur. Celui-ci venait de perdre son poste de professeur de sciences nucléaires à l’Académie bulgare. Il m’a raconté des dizaines d’histoires d’enseignants, de prêtres, de musiciens, de boulangers, qui conduisent des taxis la nuit pour survivre. »

Inspiré par cette rencontre, le réalisateur nous embarque vers d’étonnantes tranches de vies qui lui permettent de faire une radiographie chorale assez pessimiste de la Bulgarie d’aujourd’hui.

Pour ne pas perdre le fil conducteur, au cours des nombreuses déambulations quasiment toujours nocturnes, le cinéaste opte pour un usage généralisé du plan-séquence, où la caméra, tel un témoin invisible, accompagne sans faiblir un personnage principal. Dans les taxis notamment où, « assise » systématiquement à la « place du mort », elle cadre tour à tour le chauffeur, le(s) passager(s) et la ville traversée. Cela donne un rythme très vif qui entraîne le spectateur dans une folle ronde à travers Sofia et ses banlieues.

L’atmosphère est maussade, parfois agressive. Taxi Sofia, cependant, transpire de l’humanité de ses personnages qui tentent, un tant soit peu, de trouver un sens moral à leur vie. Parfois, l’un d’entre eux se laisse même aller à quelques moments de bienveillance ou d’humour comme ce chauffeur qui affirme : « La Bulgarie est un pays plein d’optimistes parce que les pessimistes et les réalistes l’ont quittée depuis longtemps ».

Il faut absolument monter à l’intérieur de ces taxis pour découvrir d’une façon pertinente et inédite la Bulgarie dont le cinéma re- naît peu à peu sur la scène internationale. Celui de Komandarev est virtuose, cynique et édifiant.


Sources : Libé et Paris Match - 10 octobre 2017, senscritique.fr, critikart.fr 



Un jour nouveau

Iran - 1h28 - 2017 - VOST
Réalisation et scénario : Seyyed Reza Mir-Karimi Image : Hooman Behmanesch
avec Parviz Parastui, Soheila Golestani

Younes est en train de déjeuner quand une jeune femme, s’installe dans son taxi et lui demande de la conduire d’urgence à l’hôpital.

Tel est le point de départ du neuvième film de Reza Mir-Karimi: Un jour nouveau. Nous ne quitterons guère ces deux lieux : la voiture et la clinique. Dès lors, d’un enfermement à l’autre, les deux personnages vont être ballottés, houspillés, mis de côté, sommés de s’exécuter sans savoir où s’arrêtera leur histoire commune.

Bien sûr, ce long métrage a indéniablement une visée politique mais il s’agit d’abord d’un drame humain, inscrit dans un contexte puissamment réaliste. Ainsi, on ne compte pas les menus détails qui ancrent cette histoire de « petites gens » dans le quotidien. Sans misérabilisme car on est, à l’image du héros, dans la pudeur et la retenue, le cinéaste refuse aussi les explications : on ne connaîtra pas les antécédents de la femme et on n’en saura pas beaucoup plus sur Younes, énigmatique taiseux. Ses motivations ? Nous devrons les deviner.

Reza Mir-Karimi, avec de petits moyens, filme sa chronique de manière très sobre : peu de dialogues, des images sèches, pas de musique. Chaque plan est pensé et millimétré.

L’émotion n’en est sans doute que plus forte et plus durable : le spectateur, envahi par une tension croissante, sort secoué de la séance, plein d’une révolte sourde.

Le discours politique est sous-jacent mais bien présent- car le cinéaste fait de l’itinéraire des deux protagonistes une métaphore d’un pays qui oppresse, en particulier les femmes, mais également les êtres à part, ceux qui ne sont pas dans la norme, que ce soit le chauffeur mutique ou le bébé promis à l’orphelinat. Mais les silences de Younes et son empathie pour sa passagère donnent une note d’optimisme à ce film car, au bout du compte, Reza Mir-Karimi nous raconte tout simplement " un bel homme ".


Sources : aVoir-aLire.com - 6 mai 2017, L’OBS et Le Canard enchaîné - 7 juin 2017 



Hep taxi ! Il y en a pour tous les goûts.

De James Cagney à Jafar Panahi, en passant par Robert de Niro et André Pousse, il s’en est passé des choses dans le monde embouteillé des taxis, ces philosophes au volant. Dès que le chauffeur déclenche le compteur et tourne la clé, sa gouaille plus ou moins douce se met en marche.

Taxi !, réalisé en 1932 par Roy Del Ruth, raconte l’histoire d’un jeune conducteur farouche qui refuse le mépris d’une grande compagnie de taxis contre laquelle il mène une rébellion. C’est James Cagney, qui incarne le taxi driver insoumis.

De l’Amérique à la France, on change de connotation. Autrement dit, on passe du chauffeur au chauffard. Taxi, Roulotte et Corrida réalisé en 1958 par André Hunebelle illustre la nervosité toute gauloise de nos automobilistes. « Ça c’est de la mécanique comprenez-vous? », affirme le jeune Louis de Funès. Le brave chauffeur de taxi parisien vante les mérites de sa guimbarde au client qui valdingue à l’arrière. Dans le genre fébrile, on trouve André Pousse, qui conduit Jean Lefebvre dans Un Idiot à Paris sorti en 1967. La saveur des mots estampillée Michel Audiard, fait du chauffeur de taxi un personnage pittoresque. Son dialecte: « Viande-à-Pneu! Peigne-moumoute! Voyez-vous, Monsieur, dès qu’on prend le volant, on est entouré que de saloperies.» Et, bien sûr, " La " réplique d’Audiard par excellence: « Ce qui congestionne, c’est le surplace! »

En 1961, Denys de La Patellière s’empare de ce véhicule mythique pour la rocambolesque traversée du désert de quatre soldats français: Un taxi pour Tobrouk, avec Lino Ventura en tête du commando. En 1976, Taxi Driver de Martin Scorsese, rompt avec la connotation potache de ces braves automobilistes qui racontent leurs vies. Robert De Niro y interprète l’un de ses rôles les plus marquants, celui d’ancien vétéran du Vietnam, au regard aussi morne que le flux des véhicules jaunes dans les avenues grises de New York.

L’année suivante en France, c’est une vision plus romanesque qui est mise en valeur avec Un taxi mauve, adapté du roman de Michel Déon en 1977 par le réalisateur Yves Boisset. En 1998, c’est le caractère décomplexé du conducteur que croque Gérard Pirès avec Taxi que trois volets viendront compléter. « Vous savez monsieur, on sait où ils sont les radars. Les poulets ça aime pas bien le changement; ça picore toujours au même endroit », assure Samy Naceri à son complice Frédéric Diefenthal.

On pourrait encore parler de Collateral de Michael Man ou New-York 2004, mais il est préférable de terminer cet article avec deux films venus d’Iran : Ten de Abbas Kiarostami en 2002 qui en baladant une dizaine de personnages dans son taxi donne l’image d’une liberté retrouvée et bien sûr Taxi Téhéran de Jafar Panahi qui, tourné à la manière d’un documentaire, obtint l’Ours d’or à la Berlinale de 2014...malgré l’interdiction des autorités iraniennes.

Extraits des articles de Marguerite Kloekner (Le Figaro du 11/02/2014) et de Bertrand Guyard (Le Figaro 17/04/2015