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( Student )

Un film de Darezhan Omirbayev

Scénario de Darezhan Omirbayev

Avec Nurlan Baitasov, Maya Serikbayeva, Edige Bolysbaev ...

Kazakhstan - 2012 - 1h30.

Ce film est inspiré du roman de Dostoïevski, Crime et châtiment. L’action se déroule au Kazakhstan de nos jours. Un étudiant en philosophie souffre du manque d’argent et de solitude. Il va parfois acheter du pain chez l’épicier et peu à peu l’idée de cambrioler le magasin lui vient à l’esprit. Il commet finalement son crime durant lequel l’épicier et une cliente deviennent ses victimes. Le sentiment de culpabilité grandit en lui. Alors qu’il tombe amoureux d’une jeune fille, il prend la responsabilité de ses actes.

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Projection : Lundi 16 Juin 2014 - 19h00 - 21h00

Sélection officielle Un Certain Regard, Cannes 2012

Ce film est inspiré du roman de Dostoïevski, Crime et châtiment. L’action se déroule au Kazakhastan de nos jours.

Un étudiant en philosophie souffre du manque d’argent et de solitude. Il va parfois acheter du pain chez l’épicier et peu à peu l’idée de cambrioler le magasin lui vient à l’esprit. Il commet finalement son crime durant lequel l’épicier et une cliente deviennent ses victimes. Le sentiment de culpabilité grandit en lui. Alors qu’il tombe amoureux d’une jeune fille, il mesure la responsabilité de ses actes.

Au début des années 1990, Darezhan Omirbayev réalisait ses premiers films (Kairat, Kardiogramma...) en s’imposant comme fer de lance de la nouvelle vague des cinémas d’Asie centrale, cette génération formée au prestigieux VGIK de Moscou, encouragée par la glasnost à imaginer de nouvelles manières de représenter la réalité. Le cinéaste kazakh faisait alors un long-métrage tous les trois ans. Une décennie plus tard, l’intervalle avait doublé. Aujourd’hui, tristement, il est peu ou prou le seul de cette « nouvelle vague » à faire encore des films.

Le monde a changé. En s’engouffrant dans les républiques de l’ancien bloc soviétique, le vent du capitalisme débridé a tout balayé, réglant le rythme de la vie sur le cours du dollar, divisant l’humanité entre super-riches vivant généralement au-dessus des lois et super- pauvres privés d’accès à tout, un commentaire sans appel sur cette mutation qui trouve un bouleverant porte-voix en la personne d’un poète dont plus personne ne veut lire les vers.

La mise en scène d’Omirbayev, frontrale, implacable, se cale sur les regards des personnages, joue le dedans contre le dehors, le détail contre le plan large. Le tempo sec, la géométrie parfaite des plans-séquences exaltent l’action et l’intensité du jeu de l’auteur principal, Nurlan Baitasov (un étudiant en cinéma, élève d’Omirbayev), dont le mal-être et la rage rentrée imprégnent littéralement tout le film.

Prenant acte de la violence du monde, de son ordre inique, le personnage décide de passer à l’acte en commettant un crime à son tour, geste qui n’aboutira à rien d’autre qu’à lui révéler l’immuabilité structurelle des rapports de classes. Comme Robert Bresson dans L’Argent, Omirbayev suit à la trace son personnage, solitaire et taiseux - il l’accompagne même jusque dans ses rêveries -, entraînant le spectateur à l’intérieur de sa conscience. Si bien qu’un regard, en caméra subjective sur le tiroir-caisse d’un commerçant, suffit à annoncer le crime à venir.

Mais, en dotant les plus faibles d’une conscience, richesse inaliénable que les prédateurs ont pourtant délibérément troquée contre le pouvoir de l’argent, le cinéaste ouvre une brèche dans le ciel noir de sa fable. Un geste qui témoigne d’une fidélité à l’humanisme qui fut toujours, et qui reste donc, le ferment de son cinéma.

Sources : Dossier de presse - Le monde 05/03/2014