
L’Asie multiple… en 3 jours et 6 bobines
du 10 au 12 avril 2025
En présence de Bastian Meiresonne, spécialiste du cinéma asiatique
Bastian Meiresonne partage sa passion du cinéma asiatique depuis une vingtaine d’années. Il est directeur artistique et programmateur de films asiatiques dans une dizaine de festivals en France et en Suisse. En plus de ses contributions régulières à la presse écrite, notamment dans COYOTE MAG, il a également co-écrit une dizaine d’ouvrages, parmi lesquelles HALLYUWOOD – LE CINEMA COREEN, paru fin 2023 aux Editions E/P/A et récompensé comme « Meilleur Album de Cinéma 2024″ par le Syndicat Français de la Critique du Cinéma » et « Prix Culturel France-Corée 2024 »
1er Film
Black Dog
jeudi 10 avril 2025 à 16:00
Lang revient dans sa ville natale aux portes du désert de Gobi. Alors qu’il travaille pour la patrouille locale chargée de débarrasser la ville des chiens errants, il se lie d’amitié avec l’un d’entre eux. Une rencontre qui va marquer un nouveau départ pour ces deux âmes solitaires.
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2ème Film
Hiver à Sokcho
jeudi 10 avril 2025 à 19:30
A Sokcho, petite ville balnéaire de Corée du Sud, Soo-Ha, 23 ans, mène une vie routinière, entre ses visites à sa mère, marchande de poissons, et sa relation avec son petit ami, Jun-oh. L’arrivée d’un Français, Yan Kerrand, dans la petite pension dans laquelle Soo-Ha travaille, réveille en elle des questions sur sa propre identité et sur son père français dont elle ne sait presque rien. Tandis que l’hiver engourdit la ville, Soo-Ha et Yan Kerrand vont s’observer, se jauger, tenter de communiquer avec leurs propres moyens et tisser un lien fragile.
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3ème Film
Jardin d'été
vendredi 11 avril 2025 à 16:00
En version restaurée
Trois jeunes écoliers aventuriers se retrouvent dans le domaine mal entretenu d’un vieil homme solitaire. Petit à petit, ils vont tenter d’approcher l’homme et lui proposer de refaire son jardin et sa maison.
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4ème Film
Le Jardin zen
vendredi 11 avril 2025 à 19:30
Luxe, calme et volupté. Tout va pour le mieux dans la vie parfaitement réglée de Yoriko et de tous ceux qui, comme elle, ont rejoint la secte de l’eau. Jusqu’au jour où son mari revient à la maison après de nombreuses années d'absence, entraînant avec lui une myriade de problèmes. Rien, pas même ses plus ferventes prières, ne semble restaurer la précieuse quiétude de Yoriko… Avec tout cela, comment faire pour rester zen ?
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5ème Film
Comment devenir riche( grâce à sa grand-mère)
samedi 12 avril 2025 à 16:00
Quand M apprend que sa grand-mère est malade, il voit une opportunité de mettre fin à ses galères. En jouant les petits-fils modèles, il compte bien décrocher l’héritage ! Mais gagner ses faveurs est loin d’être une mince affaire, et pour toucher le pactole, il est prêt à tout. Ce qui commence comme une mission intéressée devient peu à peu l’histoire d’un petit-fils et d’une grand-mère qui apprennent à se connaître…
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6ème Film
Tout ira bien
samedi 12 avril 2025 à 19:30
Angie et Pat vivent le parfait amour à Hong Kong depuis plus de 30 ans. Jamais l’une sans l’autre, leur duo est un pilier pour leurs parents et leurs amis.
Au brusque décès de Pat, la place de Angie dans la famille se retrouve fortement remise en question...

Présentation du
1er film
Black Dog
jeudi 10 avril 2025 à 16:00
Résumé : Lang revient dans sa ville natale aux portes du désert de Gobi. Alors qu’il travaille pour la patrouille locale chargée de débarrasser la ville des chiens errants, il se lie d’amitié avec l’un d’entre eux. Une rencontre qui va marquer un nouveau départ pour ces deux âmes solitaires.
Pays : Chine
Année : 2025
Durée : 1h50
Version : VOST
Titre original : Gouzhen
Date de sortie en France : 5 mars 2025
Réalisateur : Hu Guan
Scénario : Rui Ge et Guan Hu
Image : Weizhe Gao
Musique : Breton Vivian
Avec : Eddie Peng, Liya Tong, Jia Zhangke…et Xin (le chien)
Fiche
bobine
C’est l’histoire d’un retour à la vie dans un monde qui semble disparaître…
Lang sort de prison sous caution et regagne sa ville natale aux portes du désert de Gobi. Sa réinsertion passe par un emploi municipal où il intègre une équipe chargée de débarrasser la ville des chiens errants. Ses rondes vont l’amener à croiser un chien solitaire et taiseux comme lui, le même sentiment de rejet social sans doute, et l’affrontement programmé va curieusement rapprocher ces deux âmes « abîmées » par la vie. Dans le contexte chaotique d’une ville pétrolière en décrépitude, une amitié mutique va les mener ensemble sur le chemin d’une possible rédemption et d’une nouvelle route.
Si le décor évoque bien sûr le western, l’habit de Lang est plutôt celui d’un Jack Kerouac rattrapé par les effluves de Pink Floyd. Le retour au pays du champion de moto jadis adulé n’est pas dans les règlements de compte ou la vengeance, c’est plutôt comme une marée noire de désillusion dont il faut trouver à sortir.
En contrepoint de cette belle fable couleur anthracite tachetée d’ocre, il faut voir une autre forme de renouveau décrite par Guan Hu, celui de la Chine. Ce n’est pas un hasard si la fiction se situe en 2008 à la veille des Jeux Olympiques de Pékin, c’est à ce moment précis (symbolisé par une éclipse de soleil) que le réalisateur prend conscience de la mutation profonde de son pays. De formidables changements économiques qui veulent marquer leur apogée à travers cet événement, mais avec de très nombreuses personnes laissées pour compte. Une mutation sociétale que le cinéaste peint d’un oeil critique, avec des humains maladroits et désorientés qui se désintègrent peu à peu comme les immeubles ou le zoo, tandis que fleurit le modernisme dans les grandes villes surpeuplées.
La figure animale est récurrente dans l’œuvre de Guan Hu. Après le cheval, la vache ou l’autruche, c’est un chien énigmatique qui symbolise le mariage réussi entre acuité réaliste et expression abstraite.
Sources : Dossier de presse, Le bleu du miroir 22/01/2025

Présentation du
2ème film
Hiver à Sokcho
jeudi 10 avril 2025 à 19:30
Résumé : A Sokcho, petite ville balnéaire de Corée du Sud, Soo-Ha, 23 ans, mène une vie routinière, entre ses visites à sa mère, marchande de poissons, et sa relation avec son petit ami, Jun-oh. L’arrivée d’un Français, Yan Kerrand, dans la petite pension dans laquelle Soo-Ha travaille, réveille en elle des questions sur sa propre identité et sur son père français dont elle ne sait presque rien. Tandis que l’hiver engourdit la ville, Soo-Ha et Yan Kerrand vont s’observer, se jauger, tenter de communiquer avec leurs propres moyens et tisser un lien fragile.
Pays : France /Japon
Année : 2025
Durée : 1h45
Version : VOST
Date de sortie en France : 8 janvier 2025
Réalisateur : Koya Kamura
Scénario : Koya Kamura et Stéphane Ly-Cuong
Image : Élodie Tahtane
Musique : Delphine Malaussena
Avec : Roschdy Zem, Bella Kim, Park Mi-hyeon
Fiche
bobine
A la recherche de l’inspiration, Yan, un auteur français de bande dessinée à succès, s’installe à Sokcho, une ville portuaire de Corée du Sud, au bord de la mer du Japon, plongée dans un hiver neigeux. Ténébreux, pas spécialement liant, il s'escrime à renouveler son style. Dans sa pension décatie, il intrigue Soo-ha, la jeune employée francophone de l’établissement . Une relation se noue entre les deux, faite de semi-confessions et de silences têtus. Hiver à Sokcho aurait pu tomber dans une peinture standardisée de l’Extrême-Orient.
Heureusement, le film complexifie la rencontre entre les deux protagonistes, « deux personnes que tout oppose » selon l’expression consacrée, en maintenant une part d’ambiguïté dans leur relation. Soo-ha cherche-t-elle dans Yan un père de substitution à celui qui l’a abandonnée à la naissance ou un amant de passage ?
Esquivant une approche trop schématique, Koya Kamura organise discrètement le rapprochement entre les deux personnages principaux. La mise en scène utilise d’abord le décor de la pension, divisé en plusieurs pièces communiquant par des ouvertures découpées dans les murs, de manière à enfermer les acteurs dans des surcadrages. Il faudra ainsi que Soo-ha quitte sa « case » et entre dans celle de Yan pour qu’un dialogue s’amorce entre eux.
Par la suite, les différences entre les personnages s'incarnent principalement par l’opposition de deux modalités de mise en scène. D’un côté, Soo-ha est souvent suivie par des travellings latéraux. De l’autre, les séquences focalisées sur Yan font la part belle à une caméra instable et à des jeux de flous rappelant les contours abstraits de ses aquarelles.
Hiver à Sokcho est une méditation sur la complexité des identités hybrides, un hommage aux relations humaines qui transcendent les frontières. Koya Kamura nous offre ici un premier long métrage remarquable, une œuvre profondément émouvante.
Sources : Télérama 8 janvier 2025 ; Le Figaro 7 janvier 2025.

Présentation du
3ème film
Jardin d'été
vendredi 11 avril 2025 à 16:00
En version restaurée
Résumé : Trois jeunes écoliers aventuriers se retrouvent dans le domaine mal entretenu d’un vieil homme solitaire. Petit à petit, ils vont tenter d’approcher l’homme et lui proposer de refaire son jardin et sa maison.
Pays : Japon
Année : 1994
Durée : 1h53
Version : VOST
Titre original : Natsu no niwa: The Friends
Date de sortie en France : 4 juin 2025
Réalisateur : Shinji Sômai
Scénario : Yozo Tanaka d'après le roman Les Amis de Kazumi Yumoto
Image : Noboru Shinoda
Musique : Sergio Assad
Avec : Rentarô Mikuni, Chikage Awashima, Akira Emoto ...
Fiche
bobine
Durant leurs vacances d’été, trois jeunes garçons, désœuvrés, rôdent autour d’une masure qui semble abandonnée, encerclée par les immeubles d’une cité de banlieue. Surprise !
Dans la maisonnette vit un vieillard malhabile, qui mène une vie paisible, à l’écart du tumulte de la ville. Nos trois loustics, après l’avoir longuement observé, espèrent qu’il va disparaître vite pour enfin voir un mort « pour de vrai ». Mais, un dialogue se noue entre les enfants et l’adulte et tout va basculer…
La découverte de l’habitation du vieux monsieur est centrale dans le début du film. On ne dépasse alors jamais le point de vue réduit des enfants. On observe la maison par petits morceaux : un jardin en friche, envahi par une végétation folle, une petite lucarne à peine visible perdue dans la charmille. Le logis du vieillard apparaît, au travers des plans successifs, à la fois proche et hors d’atteinte, un lieu coupé du monde, figé depuis de nombreuses années.
Par la suite, la caméra de Noboru Shinoda devient virevoltante. Elle ne semble reposer sur aucun support ou point fixe. Elle se balade comme bon lui semble. Elle survole les enfants, finit par se rapprocher à leur niveau, traverse les espaces clos de la petite maison, s'envole en hauteur. Elle semble vouloir illustrer le sentiment d’évasion juvénile et de
découverte que les gamins explorent tout au long de Jardin d’été.
Ce film, tout en douceur, est un conte initiatique sur le temps perdu, l’amitié intergénérationnelle, la délicatesse des derniers instants où tout s’en va.
Sources : Télérama 11 janvier 2014 ; le Monde 21 juin 2017.

Présentation du
4ème film
Le Jardin zen
vendredi 11 avril 2025 à 19:30
Résumé : Luxe, calme et volupté. Tout va pour le mieux dans la vie parfaitement réglée de Yoriko et de tous ceux qui, comme elle, ont rejoint la secte de l’eau. Jusqu’au jour où son mari revient à la maison après de nombreuses années d'absence, entraînant avec lui une myriade de problèmes. Rien, pas même ses plus ferventes prières, ne semble restaurer la précieuse quiétude de Yoriko… Avec tout cela, comment faire pour rester zen ?
Pays : Japon
Année : 2025
Durée : 2h
Version : VOST
Titre original : Hamon
Date de sortie en France : 29 janvier 2025
Réalisateur : Naoko Ogigami
Scénario : Naoko Ogigami
Image : Hideo Yamamoto
Avec : Mariko Tsutsui, Ken Mitsuishi, Hayato Isomura ...
Fiche
bobine
Yoriko est une quinquagénaire à la fois déprimée et pleine d’ironie. Elle vit avec son mari Taro, son fils et son beau-père moribond et égrillard. C’est la parfaite épouse. Elle est soumise, patiente et bonne ménagère, des vertus cardinales selon les traditionalistes japonais. Dans leur jardin, son mari a fait pousser un parterre de fleurs somptueuses et bien rangées. Or, un beau jour, sans prévenir, celui-ci abandonne le foyer familial.
Quelques années plus tard, Yoriko vit en pleine harmonie avec elle-même, ou du moins elle le croit. Elle a trouvé la paix intérieure en entrant dans la « secte de l’eau ». Son fils est parti vivre à Tokyo. Elle est caissière dans un supermarché. Le jardin est désormais zen c’est à dire constitué de petits cailloux blancs que Yoriko ratisse patiemment, comme il se doit. Et voilà que Taro, le mari déserteur, revient. Il a besoin d’une infirmière et d’une bonne car il va mourir d’un cancer. Yoriko a perdu son pseudo-équilibre. L’une de ses collègues lui suggère de se venger…
Naoko Ogigami réalise ici un long métrage très réussi, tenu, tendu, à la mise en scène très précise, où tout est suggéré sans être jamais démontré, expliqué, remâché pour les spectateurs qui comprennent pourtant tous les tourments de Yoriko.
La cinéaste se moque des clichés sur le Japon, avec un humour bien pesé. Le mythe de la zénitude supposée des Nippons en prend pour son grade.
Le jardin zen est une méditation volontiers cocasse et provocatrice sur la nature humaine et la quête de sens, une comédie noire au fil de laquelle Naoko Ogigami aborde la pression silencieuse exercée sur les femmes pour qu’elles soient de bonnes épouses et de bonnes mères, au point que l’endoctrinement peut sembler une méthode pour reprendre le contrôle. « Je trouve étouffant d’être une femme au Japon et j’ai fait ce film dans l’espoir de changer cela » martèle la cinéaste.
L’esthétique léchée du Jardin zen, le travail subtil sur la lumière soulignent le choix artistique de Naoko Ogigami de créer une atmosphère qui, bien que paisible en apparence, a sa part d’ombre. Un grand film habilement militant.
Sources : les Inrocks 28 janvier 2025 ; Télérama 28 janvier 2025

Présentation du
5ème film
Comment devenir riche( grâce à sa grand-mère)
samedi 12 avril 2025 à 16:00
Résumé : Quand M apprend que sa grand-mère est malade, il voit une opportunité de mettre fin à ses galères. En jouant les petits-fils modèles, il compte bien décrocher l’héritage ! Mais gagner ses faveurs est loin d’être une mince affaire, et pour toucher le pactole, il est prêt à tout. Ce qui commence comme une mission intéressée devient peu à peu l’histoire d’un petit-fils et d’une grand-mère qui apprennent à se connaître…
Pays : Thaïlande
Année : 2025
Durée : 2h05
Version : VOST
Titre original : Lahn Mah
Date de sortie en France : 16 avril 2025
Réalisateur : Pat Boonnitipat
Scénario : Pat Boonnitipat, Thodsapon Thiptinnakorn
Image : Boonyanuch Kraithong
Musique : Jaithep Raroengjai
Avec : Putthipong Assaratanakul, Usha Seamkhum, Tontawan Tantivejakul ...
Fiche
bobine
M, un jeune Thaïlandais a abandonné ses études, par paresse, et rêve de devenir une star des jeux vidéo en ligne. Il vit aux crochets de sa mère et est perpétuellement à court d’argent. Inspiré par sa cousine, il se propose d’être le bâton de vieillesse de sa grand-mère en fin de vie. La vieille dame n’est pas dupe. Elle accepte, cependant, d’accueillir ce petit-fils qui, jusque-là, ne lui a témoigné que du mépris et qui cherche, tout à coup, à gagner ses faveurs…
Avec un titre comme celui-là : Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère), on pourrait s’attendre à une mauvaise comédie sur l’art d’abuser des personnes âgées. Mais au contraire, ce film, véritable phénomène populaire en Asie du Sud-Est, est une parabole émouvante sur la famille.
Opus thaïlandais sans prétention, Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère) aborde avec pudeur et délicatesse les conflits de générations, la question sensible de l’héritage au sein de la famille et la condition des personnes âgées. Avec amertume, on constate que, si les coutumes asiatiques sont différentes des nôtres, l’égoïsme, lui, est universel.
Avec son dispositif minimaliste, centré très majoritairement sur les jeux de regard, les non-dits et la suggestion entre les lignes d’un dialogue pourtant touffu et prépondérant, le film évite avec tact les grands épanchements mélodramatiques.
Sources : Sens critique 27 novembre 2024 ; La Libre Belgique 13 novembre 2024.

Présentation du
6ème film
Tout ira bien
samedi 12 avril 2025 à 19:30
Résumé : Angie et Pat vivent le parfait amour à Hong Kong depuis plus de 30 ans. Jamais l’une sans l’autre, leur duo est un pilier pour leurs parents et leurs amis. Au brusque décès de Pat, la place de Angie dans la famille se retrouve fortement remise en question...
Pays : Hong Kong
Année : 2025
Durée : 1h33
Version : VOST
Titre original : Cong jin yihou
Date de sortie en France : 1 janvier 2025
Réalisateur : Ray Yeung
Scénario : Ray Yeung
Image : Ming-Kai Leung
Musique : Veronica Lee
Avec : Patra Au, Maggie Li, Tai-Bo ...
Fiche
bobine
Depuis trente ans, Angie et Pat vivent ensemble à Hong Kong. Leur vie commune semble se dérouler dans l’harmonie et la plus grande transparence. La preuve, ce sont elles qui organisent, dans leur appartement, une fête de famille. Ainsi, le début du film est consacré à montrer le soin qu’elles apportent à la préparation du repas.
Lors de la réception, parents, neveux et autres, toutes générations confondues, renchérissent d’écoute, d’empathie, de compréhension mutuelle. On se promet le meilleur. On fait des projets. On se verra plus souvent.
Mais, au décès brutal de Pat, la place d’Angie se retrouve fortement remise en cause. En quelques jours, elle devient, pour la belle-famille, un fantôme encombrant, rétrogradée au rang de « meilleure amie » de la défunte.
L’argument de ce film implacable a ceci de pertinent qu’il relie homophobie rampante et revanche sociale. Il n’y a rien d’innocent à ce que cette OPA fielleuse se déroule à Hong Kong, portion congrue de démocratie étouffée à petit feu par la Chine communiste depuis la rétrocession de 1997.
Il faut voir les neveux de la défunte, unis contre Angie par une connivence muette, poussés par la force de l’inertie, lorgner son patrimoine en impérialistes au petit pied. Voilà ce que dessine en creux Tout va bien avec une cruelle simplicité : la chronique d’une uniformisation sournoise et d’un effacement programmé des minorités dans la Chine de Xi Jinping.
C’est un beau quatrième long métrage que livre ici Ray Yeung, remarqué pour Un printemps à Hong Kong en 2021. On y retrouve ses thèmes fétiches : les circonvolutions de l’amour, en particulier entre les personnes de même sexe et la rigidité d’une société ancrée dans la tradition patriarcale chinoise.
Entre les rites funéraires, les dynamiques familiales et les actes notariés, la ville de Hong Kong a son mot à dire. Les plans de coupe de gratte-ciel en verre, sont souvent filmés en contre-plongée, comme si la cité était nantie d’un surmoi désireux d’instiller ses principes. Dialectique d’une histoire de famille et des ombres que porte sur elle toute une société.
Sources : Le Nouvel Obs 2 janvier 2025 ; Télérama 18 décembre 2025.
Pause
gourmande
Pause gourmande le vendredi 11 avril 2025 entre les deux films