Soirée Italie

jeudi 6 juin 2019 à 19:00

Tarif adhérent : 1 film = 5,20 €
2 films avec pause gourmande = 10 €

Tarif non adhérent : 1 film = 7 €
2 films avec pause gourmande = 12 €

1er Film

Santiago, Italia

jeudi 6 juin 2019 à 19:00

Après le coup d'État militaire du général Pinochet de septembre 1973, l'ambassade d'Italie à Santiago (Chili) a accueilli des centaines de demandeurs d'asile. À travers des témoignages, le documentaire de Nanni Moretti raconte cette période durant laquelle de nombreuses vies ont pu être sauvées grâce à quelques diplomates italiens.

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2ème Film

Menocchio

jeudi 6 juin 2019 à 21:00

Italie. Fin du XVI ème. Menocchio, meunier têtu et autodidacte d’un petit village perdu des montagnes du Frioul est accusé d’hérésie pour avoir défendu ses idéaux de pauvreté et d’amour. Menocchio raconte le combat d’un homme contre le pouvoir en place.

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Présentation du
1er film

Santiago, Italia

jeudi 6 juin 2019 à 19:00

Résumé : Après le coup d'État militaire du général Pinochet de septembre 1973, l'ambassade d'Italie à Santiago (Chili) a accueilli des centaines de demandeurs d'asile. À travers des témoignages, le documentaire de Nanni Moretti raconte cette période durant laquelle de nombreuses vies ont pu être sauvées grâce à quelques diplomates italiens.

Pays : Italie

Année : 2018

Durée : 1h20

Version : VOST

Réalisateur : Nanni Moretti.

Scénario : Nanni Moretti

Image : Maura Morales Bergmann.


Fiche
bobine

En 1973, au lendemain du coup d’état perpétré par le général Pinochet au Chili, quelques ambassades européennes, dont l’ambassade d’Italie, ouvrirent leurs portes aux opposants menacés de mort par la junte militaire. Au même moment, le jeune Nanni Moretti terminait son premier court métrage, La défaite, dans lequel il évoquait la crise politique d’un jeune militant de gauche, sur fond de manifestations.. Sans doute faut-il voir dans Santiago, Italia une occasion pour le cinéaste de revenir sur un moment important de l’Histoire et de son engagement personnel.
Cette rétrospective passe d’abord par des images d’archives, en particulier celles de l’attaque du palais présidentiel de la Moneda et de la mort du président Allende. Elle passe surtout par les témoignages de ceux qui ont vécu l’événement, que ce soient les victimes ou les bourreaux. Face à la caméra,
chacun détaille son parcours ou défend ses positions. À la froideur des vainqueurs toujours persuadés d’avoir rétabli la démocratie, répond l’émotion des hommes et des femmes encore marqués par l’horreur de ce qu’ils ont vécu. Il ne s’agit pas d’apporter des informations nouvelles sur le coup d’état ni
de révolutionner la forme cinématographique mais bien de rappeler combien les Italiens ont su s’élever à la hauteur de l’Histoire en ces circonstances tragiques.
Reste que cette fierté à peine retrouvée se teinte d’une profonde mélancolie. Selon Nanni Moretti, ce monde de solidarité et d’entraide n’existe plus, de même qu’une certaine gauche qui ambitionnait de changer le monde. Nanni Moretti s’offre donc un détour sud américain pour parler de l’Italie d’aujourd’hui. Santiago, Italia fonctionne comme un miroir étrange dans lequel l’Italie peut trouver toutes les raisons de s’admirer ou de s’inquiéter. Faire le parallèle avec le récit de cet épisode exemplaire de l’histoire italienne lui permet de dénoncer le cynisme actuel en matière d’accueil des réfugiés.
Nanni Moretti n’apparaît que furtivement dans son documentaire, mais il y est en fait bien plus présent qu’il n’y paraît. C’est par sa parole, à la fois bienveillante et entêtée, qu’il amène ses interlocuteurs au point où le récit se pulvérise en une émotion intense qui ne manquera pas d’étreindre le spectateur.

Sources : Positif , Les cahiers du cinéma février 2019.


Présentation du
2ème film

Menocchio

jeudi 6 juin 2019 à 21:00

Résumé : Italie. Fin du XVI ème. Menocchio, meunier têtu et autodidacte d’un petit village perdu des montagnes du Frioul est accusé d’hérésie pour avoir défendu ses idéaux de pauvreté et d’amour. Menocchio raconte le combat d’un homme contre le pouvoir en place.

Pays : Italie

Année : 2019

Durée : 1h43

Version : VOST

Date de sortie en France : 17 avril 2019

Réalisateur : Alberto Faluso

Scénario : Alberto Fasulo

Image : Alberto Faluso

Avec : Marcello Martini (Menocchio), Maurizio Fanin (l’inquisiteur), Carlo Baldracchi (le gardien de prison)...

Prix / distinctions : Grand prix du jury, festival du cinéma italien, Annecy 2018

Fiche
bobine

Italie, région du Frioul, 1583 : le meunier Menocchio partage sa vision de Dieu et du monde avec des paysans qui viennent au moulin. Les autorités de l’église catholique romaine de la République de Venise voient en lui un hérétique…
Il est des films dans lesquels le spectateur entre avec méfiance.Ici, il nous faut raser les murs de pierres humides et baisser la tête pour suivre Menocchio. Comme lui, notre appréhension est grande car nous ignorons où Alberto Faluso nous conduit.
Notre cœur se serre en descendant, par de superbes vues plongeantes, vers la profondeur des cachots. Nous pénétrons aussi dans les profondeurs les plus sombres de la nature humaine.
L’Inquisition est là dans toute sa monstruosité avec les interrogatoires aux lancinantes questions et aux réponses attendues. Une parodie de justice depuis longtemps dénoncée au cinéma avec les procès politiques en Europe de l’Est (Cf. L’aveu de Costa-Gavras) ou dans le Cambodge des Kmers rouges (Le temps des aveux de Régis Wargnier). Aujourd’hui encore, le sort de Menocchio résonne de façon universelle car le film dénonce les intégrismes qui, sans cesse, resurgissent.
Dans l’écriture, tout concourt à installer une étrange ambiance : l’accordéon de Paolo Forte, la bande-son et même l’intonation des voix (qui prononcent un italien facile à comprendre, avis aux italophiles !), les couleurs et les plans qui évoquent les tableaux du Caravage et de Georges de La Tour… et puis, même s’ils sont rares, une précision dans les dialogues avec le superbe discours final de Menocchio qui, d’un ton rauque et paisible, déclare : « Le paradis c’est ce qu’on respire tous les jours, c’est parler aux arbres et au vent ». Il accuse ses juges en affirmant : « Le péché, c’est vous qui l’avez inventé ! ». Un propos qui transporte et fait écho au discours final du Dictateur de Chaplin : « Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l’avons oublié… »

Texte : Jean-Luc – La bobine – 6 mars 2019

Pause
gourmande