La Llorona

lundi 7 juin 2021

16:00 et 18:30

Adhérents : 5,20€

Non adhérents : Tarifs en vigueur

Résumé : Général à la retraite, Enrique Monteverde doit répondre devant un tribunal d'exactions commises trente ans plus tôt. Si sa femme Carmen le soutient, sa fille Natalia est ébranlée par les accusations. A l'issue du procès, Monteverde est condamné, mais le jugement est annulé dans la foulée. La famille se retranche chez elle, tandis que des manifestants se réunissent pacifiquement devant sa demeure et que les domestiques démissionnent les uns après les autres. Lorsqu'Alma est embauchée comme gouvernante, de terribles rêves assaillent Enrique, qui croit entendre sans arrêt une femme pleurer.

Pays : Guatemala

Année : 2020

Durée : 1h37

Version : VOST

Date de sortie en France : 22 janvier 2020

Réalisateur : Jayro Bustamante

Scénario : Jayro Bustamante , Lisandro Sanchez

Image : Nicolás Wong

Musique : Pascual Reyes

Avec : María Mercedes Coroy, Sabrina De La Hoz, Margarita Kenéfic

Prix / distinctions : Prix du public, Biarritz 2019


Fiche
bobine

Selon une légende guatémaltèque, seuls les coupables l’entendent pleurer. La Llorona est une pleureuse, un fantôme qui cherche ses enfants, mais aujourd’hui, elle pleure ceux qui sont morts durant le génocide du peuple indien Maya.

Ce film, tiré d’une histoire vraie, fait référence à la guerre civile qui secoua le Guatemala de novembre 1960 à décembre 1996 et implicitement au procès et à la condamnation du général Efrain Rios Montt pour génocide.

La Llorona n’est pas seulement un long métrage historique mais aussi un film fantastique avec une reconstitution historique. Le propos s’avère très intéressant dans la mesure où le point de vue du massacre est donné par la famille du général, reconnu coupable de génocide, mais relâché aussitôt pour cause de maladie. Il est cependant condamné avec toute sa famille, à l’enfermement à son domicile. A la façon d’un film d’épouvante, Jayro Bustamante donne le ton dès la première séquence où l’on voit la famille prier, à la lueur de bougies, comme lors d’un exorcisme, alors que dans la pénombre des sanglots féminins se font entendre.

Jayro Bustamante est un habitué d’un cinéma sur l’ébranlement familial. Déjà dans Tremblements, il mettait en scène un homme politique, bon catholique, annonçant son homosexualité et contraint de se soumettre à des séances “d’homothérapie”. Dans son nouveau film, le réalisateur bouscule une nouvelle fois les codes familiaux. Il s’agit là d’un conflit de loyauté qui hante la famille entre le devoir de soutenir le père et l’aveuglement face aux crimes qu’il a commis.

La Llorona relate l’histoire d’une guerre civile au Guatemala que nous connaissons mal ou que nous avons oubliée. Cette façon d’aborder le crime ethnique et religieux en donnant le point de vue de celui qui l’a décidé est d’une redoutable efficacité.

Sources : Le Monde, Télérama janvier 2020, avoir-alire,com

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