Vous ne désirez que moi

lundi 24 janvier 2022

16:00

La bobine partenaire

3,50 euros la séance (avec le pass qui est à découper dans Télérama ou à télécharger sur Télérama.fr).

En avant-première

Résumé : Un homme veut parler. Il demande à une amie journaliste de l’interviewer pour y voir plus clair. Cela fait deux ans qu’il vit une passion totale, charnelle, littéraire avec une grande écrivaine beaucoup plus âgée que lui. Il veut mettre des mots sur ce qui l’enchante et le torture. Il va décrire leur amour, son histoire, et les injonctions auxquelles il est finalement soumis évoquent celles qu’endurent les femmes, depuis des millénaires. Une réussite totale. Quand littérature et cinéma s’éclairent mutuellement !

Pays : France

Année : 2022

Durée : 1h36

Date de sortie en France : 9 février 2022

Réalisateur : Claire Simon

Scénario : Claire Simon, d'après le livre de Yann Andréa

Image : Céline Bozon

Musique : Nicolas Repac

Avec : Swann Arlaud, Emmanuelle Devos

Prix / distinctions : Grand prix ex-aequo, Amiens 2021


Fiche
bobine

Octobre 1982, Yann Andréa, compagnon de Marguerite Duras depuis 2 ans et de 38 ans son cadet, demande à la journaliste Michèle Manceaux, voisine et amie de Marguerite, de venir l’interviewer. Ils se retrouvent au premier étage de la maison de Neauphle-le-Château. La première phrase que la journaliste enregistre méticuleusement est : “Je voudrais parler de Duras”.

Il a un impérieux besoin d’une oreille attentive, quelqu’un auprès de qui il serait sujet et non objet. Car il aimerait y voir clair, s’expliquer à lui-même la nature du lien puissant qui l’unit à la célèbre écrivaine et qui ne lui laisse plus aucune liberté.

L’idée est singulière : mettre en images un entretien entre deux personnes est un exercice qui pourrait passer pour une simple conversation filmée. Il n’en est rien, les acteurs se fondent dans le texte du roman, retravaillé au minimum. La réalisatrice filme la douceur d’un dialogue terrible, son naturel aussi. Yann Andréa accepte de se confier, mais remet en question sa décision à chaque nouvelle phrase.

Le film intercale des images réelles où l’on peut observer la manière dont Marguerite Duras et Yann Andréa interagissent, la nature trouble de cette relation, son authenticité aussi. La réalisatrice a le génie d’alerter sur la présence de Duras au rez- de-chaussée de sa maison, on entend des pas, le téléphone sonne souvent pour déranger l’entretien, une ombre plane…

Pour qu’une conversation soit une scène de cinéma, il faut qu’il y ait une écoute et lors des entretiens, Emmanuelle Devos écoute Swann Arlaud. Les scènes sont filmées en plans- séquences parfois longs, les acteurs sont devant une fenêtre qui les sépare du monde extérieur où la lumière décline, le soir tombe… Claire Simon parvient à sublimer de simples séquences de discussion à deux par la manière de filmer les acteurs, les photographier, les éclairer. Le film s’écoute autant qu’il se regarde via ces subtils éclairages, l’habile surgissement de l’archive et une mise en scène sensorielle. L’abandon des conventions rend passionnante la forme de ce film original et d’une grande beauté.

 

Sources : Dossier de presse. Lebleudumiroir.fr. Dossier Festival de San Sebastien.

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