Les leçons persanes

jeudi 17 mars 2022

16:00 et 18:30 et 21:00

Résumé : 1942, dans la France occupée, Gilles est arrêté pour être déporté dans un camp en Allemagne. Juste avant de se faire fusiller, il échappe à la mort en jurant aux soldats qu’il n’est pas juif mais persan. Ce mensonge le sauve momentanément puisque l’un des chefs du camp souhaite apprendre le farsi Lundi pour ses projets d’après-guerre. 24 Un film surprenant qui traite de la guerre et de ses atrocités, de la mémoire, du mensonge, avec janv. cependant parfois une ironie bienvenue.

Pays : Allemagne/ Belarus

Année : 2021

Durée : 2h07

Version : VOST

Titre original : Persian Lessons

Date de sortie en France : 19 janvier 2022

Réalisateur : Vadim Perelman

Scénario : Ilja Zofin, d'après le roman de Wolfgang Kohlhaase

Image : Vladislav Opelyants

Musique : Evgueni Galperine, Sacha Galperine

Avec : Nahuel Perez Biscayart, Lars Eidinger...


Fiche
bobine

En 1942, dans la France occupée, Gilles, un jeune juif belge, échappe à l’exécution en criant : “Je ne suis pas juif, je suis persan !” tout en montrant le livre écrit en farsi échangé contre un quignon de pain à un compagnon. Par chance, le capitaine Koch, commandant nazi du camp, projette de rejoindre son frère à Téhéran après la défaite qu’il sait inéluctable, et il recherche un Iranien qui lui apprendra le persan. A la suite de cette imposture improbable, Gilles invente chaque nuit la langue qu’il enseignera le lendemain à l’officier. Il construit et mémorise son vocabulaire et sa grammaire à partir de la liste des noms de ses codétenus. Le jeu de dupes se met en place, un combat pour la survie par la manipulation et le mensonge.
Les Leçons persanes est le cinquième long métrage du réalisateur ukrainien Vadim Perelman. Il s’est inspiré d’une courte nouvelle d’un auteur allemand, “Invention d’une langue”, dont il a immédiatement vu le potentiel dramatique. Il joue sur les variations des relations victime / bourreau : « Il y a eu des centaines d’histoires similaires dans lesquelles des personnes parviennent à s’en sortir grâce à leur intelligence, leur débrouillardise, et beaucoup de chance » dit-il.
Le travail sur les lumières, la couleur sombre de l’image, les costumes, le dépouillement du décor très inspiré du camp alsacien de transit du Struthof, tout renforce le réalisme que Perelman ne vise cependant pas. Pour lui, « le vraisemblable est plus important que le vrai ».
Le film est habité par ses deux acteurs exceptionnels. Nahuel Pérez Biscayart est Gilles, nous l’avons vu dans 120 battements par minute et Au-Revoir Là-Haut et nous le reverrons bientôt dans L’employeur et l’employé. Il incarne la fragilité et le désespoir, face à Lars Eidinger qui a tourné pour Olivier Assayas et Claire Denis, remarquable dans ce rôle de capitaine Koch, nazi brutal et pervers avec ses fêlures inattendues.
Dans un épilogue saisissant, Gilles reprend et réutilise son invention baroque de langage pour sortir de l’oubli ses compagnons de misère dont les noms et la mémoire ont été détruits : ultime victoire sur les bourreaux.

 

Sources : Avoir-alire. Com, Cineuropa, Positif Janvier 2022, Fondation pour la mémoire de la Shoah.

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