
Un jeune chaman
jeudi 2 mai 2024
16:00 et 18:30 et 21:00
Résumé : Zé a 17 ans et il est chaman. Il étudie dur pour réussir sa vie, tout en communiant avec l’esprit de ses ancêtres pour aider les membres de sa communauté à Oulan-Bator. Mais lorsque Zé rencontre la jeune Maralaa, son pouvoir vacille pour la première fois et une autre réalité apparaît.
Pays : Mongolie
Année : 2024
Durée : 1h43
Version : VOST
Titre original : Ser ser salhi
Date de sortie en France : 24 avril 2024
Réalisateur : Lkhagvadulam Purev-Ochir
Scénario : Lkhagvadulam Purev-Ochir
Image : Vasco Viana
Avec : Tergel Bold-Erdene, Nomin-Erdene Ariunbyamba, Anu-Ujin Tsermaa...
Fiche
bobine
Zé a 17 ans et il est chaman : intermédiaire entre le monde visible et les mondes invisibles, il peut accéder à la multiplicité de la nature et du temps. Ce que nous considérons comme surnaturel est extrêmement naturel pour lui. Il consacre beaucoup de temps à communiquer en état de transe avec les esprits des ancêtres. Cet adolescent prend ainsi soin de sa communauté, à travers des rites aux fonctions thérapeutiques. Ses voisins vont le voir parce que leurs émotions sont démesurées, qu’ils ont besoin d’en parler et d’être entendus dans une société mongole qui néglige terriblement ses citoyens. A cette lourde et épuisante tâche s’ajoute celle qui concerne son avenir : étudier pour réussir sa vie.
Cet affrontement binaire entre tradition et modernité est bien sûr présent dans le film. Le monde de Zé est celui des quartiers des yourtes, à l’image de 60 % de la population d’Oulan-Bator. Le centre-ville est au loin, à l’arrière-plan, dans un brouillard de fumée. C’est pourtant là que palpite la jeunesse issue de l’exode rural. C’est là aussi que bascule la vie de Zé dont l’existence se trouve bouleversée par sa rencontre avec une adolescente au cœur fragile. Jusqu’alors visité par les esprits des ancêtres, son espace mental est soudain envahi par le sentiment amoureux et cela change tout.
Ce ne sont pas les grands espaces qui sont montrés dans le troisième film de cette jeune réalisatrice, âgée seulement de 33 an, mais bien les frontières des possibles pour une génération entière confrontée aux injonctions de la société et aux incertitudes du futur.
Lkhagvadulam Purev-Ochir, à travers le parcours initiatique singulier de ce chaman en pleine ébullition adolescente, dresse avec force le portrait d’une jeunesse soumise à un système éducatif ultra-rigide et traditionnel, porté par des valeurs nationalistes sclérosantes. Elle évoque en creux une population déstructurée par l’exode rural, en proie à l’alcoolisme, fléau récurrent. Elle rappelle aussi que le chamanisme ne se résume pas aux cérémonies du tambour mais qu’il est toujours bien présent à l’intérieur des familles mongoles, quelles que soient les générations.
Sources : dossier de presse – Senscritique.com – cinemas-utopia.org