
Le mal n’existe pas
lundi 6 mai 2024
16:00 et 18:30 et 21:00
Résumé : Takumi et sa fille Hana vivent dans le village de Mizubiki, près de Tokyo. Comme leurs aînés avant eux, ils mènent une vie modeste en harmonie avec leur environnement. Le projet de construction d’un « camping glamour » dans le parc naturel voisin, offrant aux citadins une échappatoire tout confort vers la nature, va mettre en danger l’équilibre écologique du site et affecter profondément la vie de Takumi et des villageois...
Pays : Japon
Année : 2024
Durée : 1h46
Version : VOST
Titre original : Aku wa sonzai shinai
Date de sortie en France : 10 avril 2024
Réalisateur : Ryûsuke Hamaguchi
Scénario : Ryûsuke Hamaguchi, Eiko Ishibashi
Image : Yoshio Kitagawa
Musique : Eiko Ishibashi
Avec : Hitoshi Omika, Ryo Nishikawa, Ryûji Kosaka ...
Fiche
bobine
La cime des arbres et le ciel au-delà. Des cordes qui vibrent et tissent une mélopée enivrante. On entre dans Le mal n’existe pas le regard vers le haut, l’ouïe affûtée. Et puis une petite fille à bonnet rayé bleu marche dans la forêt. Son père la rejoint. Nez au vent, ils distinguent les mélèzes du Japon, ramassent une plume de faisan. Cette tendre communion avec la nature de Takumi et de la jeune Hana est celle de tout un village qui s’abreuve à la rivière et rehausse son ordinaire de baies et d’herbes cueillies dans les bois. Mais une entreprise de tourisme a jeté son dévolu sur le site et veut y développer son concept de « glamping », mariant « glamour » et « camping » au risque de mettre à mal tout l’éco-système local…
Pour perdurer au cinéma, il est essentiel de savoir se réinventer. Et, sur ce point, Ryûsuke Hamaguchi semble montrer l’exemple : après avoir déconstruit la solitude féminine et les malheurs du quotidien avec Senses en 2015, les sentiments amoureux avec Asako I et II en 2018 et exploré les émotions humaines et le processus de création artistique dans Drive my car, il se renouvelle joliment avec Le mal n’existe pas, ode à la beauté de la nature évoluant entre thriller, fable écologique et film musical.
Dans une forme qui tend au fantastique, Ryûsuke Hamaguchi nous propose un film merveilleux. L’originalité de la mise en scène, précise et étonnante, accompagnée d’une bande-son parfois dissonante, composée avant le film, et sur laquelle celui-ci a été construit, nous entraîne avec poésie et réalisme dans cette chronique rurale japonaise. On a vraiment l’impression que l’image devient plastique grâce à la musique. L’ampleur du regard d’Hamaguchi parvient à nous faire dépasser ce qui semble, au départ, une confrontation entre Japonais des villes et Japonais des champs pour atteindre une réflexion globale sur nos rapports à la nature et aux autres.
Hamaguchi produit une œuvre extrêmement évolutive en réinventant constamment les paramètres de son cinéma. Tout cela pour le plus grand bonheur de nos yeux avides de cinéphiles.
Sources : Télérama 13 avril 2024 – Le Nouvel Obs, 11 avril 2024.