
Les Lueurs d’Aden
lundi 3 juin 2024
17:00 et 19:00 et 21:00
Résumé : Lorsqu’ Isra’a découvre qu’elle attend un autre bébé dans le contexte de la guerre civile au Yémen, elle et son mari décident qu’elle ne doit pas porter cet enfant. Mais cela crée d’énormes difficultés dans leur relation. Dans le Yémen dévasté, un couple face au tabou de l’avortement.
Pays : Yémen
Année : 2024
Durée : 1h31
Version : VOST
Titre original : The Burdened
Date de sortie en France : 31 janvier 2024
Réalisateur : Amr Gamal
Scénario : Amr Gamal, Mazen Refaat
Image : Mrinal Desai
Musique : Ming-chang Chen
Avec : Khaled Hamdan, Abeer Mohammed ...
Fiche
bobine
Isra’a vit avec son mari Ahmed et ses trois enfants dans le vieux port d’Aden, au sud du Yémen. Leur vie quotidienne est rythmée par les effets de la guerre civile. Quand Isra’a apprend qu’elle est à nouveau enceinte, le couple doit faire face à une nouvelle crise, sachant tous les deux qu’ils ne peuvent pas se permettre un quatrième enfant. C’est le début pour eux d’une véritable odyssée, dans laquelle une amie médecin va devenir une figure centrale.
Le Yémen d’où nous provient ce film de fiction, premier à être distribué en France, fait partie des pays dans lesquels l’islam est religion d’État. Il applique donc la charia qui rejette l’idée de l’avortement. L’originalité du film réside dans le fait que ce n’est pas traité exclusivement comme une affaire de femmes, mais comme une affaire de famille où le libre arbitre de chacun est mis à rude épreuve. Le film porte un regard particulièrement lucide sur les vertus et les limites des idéaux dans tout engagement.
Mais le film est beaucoup plus qu’une chronique sociale. Si les déboires de la petite famille restent le point focal, le parcours du combattant de ce couple permet également au réalisateur de dessiner le portrait de la ville d’Aden. Il y a en effet un désir très clair de filmer la ville pour donner d’elle, à ses habitants et au reste du monde, des images qui se font rares, qui manquent.
Par cette volonté, Les Lueurs d’Aden est ainsi le fascinant portrait d’une ville en état de déliquescence. Sous une apparente simplicité, la mise en scène qui recourt aux plans larges dit beaucoup de l’atmosphère de crise. De façon plus générale, le film se distingue par un remarquable travail sur la mise en espace.
Comme dans les films de Satyajit Ray qui ont marqué Amr Gamal, au-delà des thèmes abordés, tout est signifiant. Malgré son sujet, La narration est d’une grande douceur, le parti pris étant celui de l’épure et non de la dramatisation. Il en résulte un film humain, d’une grande richesse qui est également une merveille sur le plan formel.
Sources : Libération et Le Monde 31/01/2024 – Positif, février 2024 – cinemas-utopia.org