ASSOCIATION CHALONNAISE POUR LE CINEMA

O Corno, une histoire de femmes

lundi 17 juin 2024

16:00 et 18:30 et 21:00

Résumé : En 1971, dans l’Espagne franquiste, cette fiction brosse le portrait épuré de Maria, qui pratique des accouchements et surtout qui se met hors la loi en aidant les femmes à interrompre leur grossesse. Après avoir tenté d’aider une jeune femme, elle doit fuir le pays afin d’éviter les sanctions qu’elle encourt. Au cours de son périlleux voyage au Portugal, Maria rencontre la solidarité féminine.

Pays : Espagne

Année : 2024

Durée : 1h45

Version : VOST

Titre original : O corno

Date de sortie en France : 27 mars 2024

Réalisateur : Jaione Camborda

Scénario : Jaione Camborda

Image : Rui Poças

Musique : Camilo Sanabria

Avec : Janet Novàs, Slobhan Fernandes, Carla Rivas, Julia Gomez ...

Prix / distinctions : Concha d’or, San Sebastian 2023. Meilleur espoir féminin, Goyas 2024.


Fiche
bobine

« O corno » est un mot galicien qui fait référence à l’ergot du seigle, un champignon vénéneux et parasite du blé, dont les vertus médicinales sont connues pour accélérer les contractions lors d’un accouchement ou provoquer un avortement. Pour la réalisatrice, il n’y a pas lieu d’opposer le fait de donner la vie et celui de mettre un terme à une grossesse.
Dans l’Espagne rurale, franquiste et catholique de 1971, les femmes en particulier, sont soumises au contrôle des corps et des âmes. Elles sont sous le joug d’un patriarcat oppressant et répressif qui distingue les « acceptables », celles qui enfantent et nourrissent et les « sorcières » qui revendiquent le droit de ne pas enfanter mais de jouir et aimer librement. Dans cette société « sous contraintes », la liberté des uns et des autres (mais surtout celle des femmes) trouve son expression dans le silence, le mystère et l’ombre. C’est le travail, en partie caché, de Maria qui aide en respectant le choix de chacune.
Rui Poças et Jaione Camborda ont donc choisi de filmer de nuit, principalement en extérieur, un exercice complexe qui reflète bien leur objectif « d’éclairer l’ombre ». Ce sont donc les femmes, filmées dans des clairs- obscurs comme des madones échappées de tableaux renaissance, qui donnent le mouvement du récit. Les hommes sont le plus souvent assis, de dos ou dans l’incapacité de bouger.
La scène d’ouverture, d’une délicatesse inouïe, longue et  intense, montre la connexion singulière entre les femmes, au moment de l’accouchement, la proximité, l’entraide, le soin et la solidarité.
Cette chaîne de sororité, que les femmes créent entre elles, va sauver Maria en déclenchant et en accompagnant sa fuite vers le Portugal.
Un second film très abouti pour cette jeune réalisatrice.

 

Sources : dossier de presse – Télérama N° 3872 – Le Monde, Le Bien public 27 mars 2024 – Positif avril 2024.

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