
Memory
lundi 9 septembre 2024
17:00 et 19:00 et 21:00
Résumé : Sylvia mène une vie simple, structurée par sa fille, son travail et ses réunions des AA. Pourtant, ses retrouvailles avec Saul bouleversent leurs existences, réveillant des souvenirs douloureux que chacun avait enfouis jusque-là.
Pays : USA
Année : 2024
Durée : 1h40
Version : VOST
Date de sortie en France : 29 mai 2024
Réalisateur : Michel Franco
Scénario : Michel Franco
Image : Yves Cape
Avec : Jessica Chastain, Peter Sarsgaard, Brooke Timber ...
Fiche
bobine
Sylvia mène une vie simple, structurée par sa fille, son travail dans l’aide sociale et rythmée par ses réunions des Alcooliques Anonymes depuis 13 ans. Elle semble avoir trouvé un équilibre grâce à son emploi dans un foyer pour déficients. Lors d’une réunion d’anciens élèves, elle est abordée par Saul, qui la suit jusque chez elle et reste planté devant son appartement sous la pluie. Lorsqu’il est récupéré par son frère et sa nièce, on découvre qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer. Mais pour Sylvia, les problèmes de mémoire de Saul en font un réceptacle possible pour évoquer un passé douloureux…
Les retrouvailles avec Saul bouleversent leurs existences, réveillant des souvenirs que chacun avait enfouis jusque-là…
Le scénario, à la fois complexe et d’une fluidité limpide, nous conduit par le bout du nez sans qu’il soit possible de deviner dans quelles directions, dans quelles dimensions, toutes aussi contemporaines qu’universelles. Progressivement, la vérité va percer, ou plutôt plusieurs vérités, difficiles à arracher au silence…
Entre des traumas que l’une cherchait à oublier et des souvenirs récents effacés pour l’autre, c’est donc logiquement dans le présent, en prenant soin l’un de l’autre, qu’ils vont pouvoir dialoguer. Progressivement, les personnages dont les trajectoires se croisent en termes de dignité et de liberté nous bouleversent, exprimant les craintes d’une mère pour la sécurité de sa fille (une magnifique scène au restaurant…), la tendresse d’une nièce pour son oncle qui disparaît peu à peu, la difficulté à avoir ou à accepter des gestes affectueux, voire l’impossibilité de se confronter à des proches.
Pour le réalisateur, les films ne sont jamais aussi lumineux que lorsqu’ils sont des cris d’amour qui tentent d’extirper des êtres la noirceur qui les guette en secret. Enrobée dans les mélodies de A Whiter Shade of Pale de Procol Harum, la conclusion permet de quitter les deux protagonistes, la gorge serrée…
Sources : V.O., Abus de Ciné, Dossier de presse.