
Les Graines du figuier sauvage
jeudi 26 septembre 2024
16:00 et 19:30
Résumé : Iman vient d’être promu juge d’instruction au tribunal révolutionnaire de Téhéran quand un immense mouvement de protestations populaires commence à secouer le pays. A la maison, ses deux filles, Rezvan et Sana, étudiantes, soutiennent le mouvement avec virulence, tandis que sa femme, Najmeh, tente de ménager les deux camps. La paranoïa envahit Iman lorsque son arme de service disparait mystérieusement. Un film iranien d’une puissance inouïe, aussi bien sur un plan esthétique que politique.
Pays : Iran
Année : 2024
Durée : 2h46
Version : VOST
Titre original : Daneh Anjeer Moghadas
Date de sortie en France : 18 septembre 2024
Réalisateur : Mohammad Rasoulof
Scénario : Mohammad Rasoulof
Image : Pooyan Aghababaei
Musique : Karzan Mahmood
Avec : Misagh Zare, Soheila Golestani, Mahsa Rostami, Setareh Maleki ...
Fiche
bobine
Mohammad Rasoulof est de ces cinéastes iraniens maudits par le pouvoir théocratique et toute sa filmographie est un seul et même chemin contre le régime des Mollahs et pour la liberté. Après L’homme intègre (2017) et Le diable n’existe pas (2020), il revient nous conter le quotidien d’une famille à l’éclosion du mouvement « Femme, vie, liberté » en 2022, un film tourné exclusivement dans la clandestinité avant son exil.
Iman vient d’être nommé juge d’instruction, une promotion attendue qu’il tient à assumer malgré quelques soubresauts de sa conscience. Sa femme Najmeh, enfermée dans une pieuse soumission, ne voit que l’équilibre de la famille et ses aspirations à une vie meilleure. Mais ses filles adolescentes, sans pour autant participer aux mouvements de rue, vont montrer la mèche de leur rébellion et embraser le cocon familial. Dans ce huis clos révélateur des tensions sociales, le pistolet d’Iman, symbole phallique du pouvoir, va disparaître et donner au film l’habit d’un thriller psychologique de la plus haute intensité…
Avec brio et une grande charge émotionnelle, le cinéaste nous décrit les secousses de l’Histoire par le petit bout de la lorgnette, à savoir l’intimité d’une famille qui n’échappe pas aux effets de la persécution. Si les vidéos d’archives incrustent parfaitement la fiction dans le réel, le soin porté à la mise en scène et à la photographie ne sacrifie jamais le cinéma sur l’autel de la politique, et les univers de Sophocle, Shakespeare ou Ionesco ne sont pas loin.
Malgré les difficultés humaines et techniques du tournage, Les Graines du figuier sauvage se révèle être un grand film essentiel et précieux, une toile harmonieuse entre la fiction et le réel pour mieux rendre compte et mieux comprendre, mais aussi pour toucher l’espoir au bout du courage partagé de tout un peuple.
A l’instar d’Aragon, et sur des notes évidemment plus politiques que poétiques, Rasoulof nous redit avec force que « la femme est l’avenir de l’homme ».
Sources : Dossier de presse, Le Point 05/24, Le Bleu du miroir 05/24.