Norah

jeudi 7 novembre 2024

14:30 et 16:30 et 18:30 et 20:30

Résumé : Le film se déroule en Arabie Saoudite dans les années 90, une époque où la pratique de tout art y compris la peinture est interdite. Norah est une jeune fille qui se languit dans un des villages éloignés régis par les implacables lois bédouines. C’est alors qu’arrive Nader un nouvel instituteur… On ne parle pas d’histoire d’amour mais d’une fenêtre d’espoir par le biais d’un portrait dessiné que demande Norah à Nader. Un film délicat et humain

Pays : Arabie Saoudite

Année : 2024

Durée : 1h34

Version : VOST

Date de sortie en France : 16 octobre 2024

Réalisateur : Tawfik Alzaidi

Scénario : Tawfik Alzaidi

Image : Shaun Harley Lee

Musique : Omar Fadel

Avec : Yagoub Alfarhan, Maria Bahrawi, Aixa Kay ...

Prix / distinctions : Mention spéciale du Jury, Un certain Regard Cannes 2024. Grand Prix, Festival de Montreuil 2024. Prix du Grand Jury et prix du Jury des Femmes, Paysages de Cinéastes Chatenay-Malabry 2024.


Fiche
bobine

Arabie Saoudite, 1996. Norah nous parle d’un temps encore très proche où toute forme d’expression artistique publique était rigoureusement interdite, et le timide changement qui s’opère depuis quelques années n’est pour l’instant qu’un rayon d’espoir. C’est dire si le premier long métrage de Tawfik Alzaidi, en abordant cette thématique, regarde autant vers hier que demain.
C’est un village perdu au milieu d’un désert rocailleux, où la tradition bédouine patriarcale règne encore sans partage. Adolescente orpheline recueillie par sa tante, Norah s’y morfond et n’échappe à son destin tracé de femme servile que dans la lecture de magazines de mode interdits qu’elle négocie secrètement chez l’épicier.
L’arrivée au village de Nader, instituteur au passé d’artiste mandaté par l’état pour apprendre à lire et écrire aux seuls garçons, va bouleverser son quotidien et apporter de l’espoir à son moulin de façon inattendue. Entre eux s’instaure une relation secrète nourrie non pas de sentiments…mais de l’importance et de la portée du dessin. C’est toute l’originalité du film qui, s’il met bien en relief sensations d’enfermement et désirs d’émancipation, est avant tout une ode universelle à l’art et la beauté.
Avec délicatesse, poésie et beaucoup d’humanité, Tawfik Alzaidi nous plonge dans un tout autre monde que celui de nos turbulences mais où les êtres nous ressemblent pourtant. Les décors sont à l’image du lieu, d’une modestie monacale, tout comme les dialogues rares mais précieux. Plus qu’à entendre un message, le film nous invite à l’émotion et à l’immersion dans l’univers de Norah et Nader : aussi sobre que juste, le jeu des acteurs y concourt pleinement.
Justement récompensé à Cannes, Norah est un film rare qui explore la question de l’accès au savoir et à la culture des populations isolées ou réprimées, sujet peu abordé au cinéma.  Et mettre l’image au centre d’un film, c’est fort, non ?

 

Sources : Avoir Alire 20/09/24 , dossier de presse , Le Bleu du Miroir.