Une langue universelle

jeudi 9 janvier 2025

17:00 et 19:00 et 21:00

Résumé : Matthew quitte Montréal où il a travaillé toute sa vie pour retourner à Winnipeg où il est né. L’espace-temps paraît alors bouleversé et tout le monde parle persan dans la métropole canadienne. Dans ce conte d'hiver, les rencontres de Matthew avec deux enfants espiègles, un enseignant colérique et un guide touristique plus motivé que doué, vont le mettre sur le chemin d’une quête intime et délicieusement absurde.

Pays : Canada

Année : 2025

Durée : 1h29

Version : VOST

Date de sortie en France : 18 décembre 2024

Réalisateur : Matthew Rankin

Scénario : Matthew Rankin, Pirouz Nemati, Ila Firouzabadi

Image : Isabelle Stachtchenko

Musique : Amir Amiri et Christophe Lamarche-Ledoux

Avec : Rojina Esmaeili, Saba Vahedyousefi, Mani Soleymanlou, Matthew Rankin.…

Prix / distinctions : Prix du public, Quinzaine des cinéastes Cannes 2024.


Fiche
bobine

Hommage affectueux au cinéma iranien, Une langue universelle a été tourné à Winnipeg, ville natale du réalisateur, enneigée et endormie. Dans ce monde étrange et comme figé par l’hiver , tout le monde parle farsi, cette langue iranienne tellement musicale.
Dans le Winnipeg de Matthew Rankin, on boit du thé au safran chez Tim Hortons, on célèbre le patrimoine architectural au centre commercial, les dindes se promènent librement et les jeunes Negin et Nazgol tentent de récupérer un billet de 500 Riels prisonnier de la glace qui recouvre un trottoir. Pendant ce temps, Matthew, un fonctionnaire montréalais, interprété par le réalisateur lui-même, rentre au bercail pour s’occuper de sa mère malade. Son histoire s’entremêle avec celle de Massoud
qui mène un groupe de touristes désorientés lors d’une visite à
pied de Winnipeg.
On est souvent dérangés par cette ville presque morte, où le cimetière est installé près d’une rocade bruyante, où les petites filles offrent des fleurs en parlant tout à coup français, et où les autocars tombent en panne laissant leurs passagers sur le bas côté… Le tout dans des couleurs un peu passées, pleines de mélancolie et une mise en image léchée et parfaite.
Les personnages sont filmés de loin, sur fond de décor urbain minimaliste, d’une laideur assumée, le tout cadré au cordeau, souvent en plan fixe. À noter également l’emploi ingénieux du hors-champ, qui procure de jolis coups de théâtre. L’interprétation pince-sans-rire savoureuse vient compléter la réussite de cet audacieux projet.
Ce film existentiel, décrit comme une ”comédie surréaliste” cultivant le saugrenu et l’absurde, est traversé de moments d’une surprenante mélancolie. Très stylisée, la mise en scène de Rankin épouse admirablement son propos.
Le réalisateur imagine une bulle iranienne dans Winnipeg, un univers parallèle décalé, bien souvent hilarant, mais aussi étrangement méditatif et foncièrement émouvant. Il rend ainsi un vibrant hommage au cinéma iranien de Abbas Kiarostami et Moshen Makhmalbaf avec une intelligence créative et un charme irrésistible. La « langue universelle » est en fait le langage de l’humanité avant sa dispersion. Aujourd’hui c’est le cinéma quand il s’adresse à tout le monde et que ses images transcendent les disparités.

Sources : Les Cahiers du cinéma décembre 2024 – Quinzaine des cinéastes 2024.

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