Foxtrot

jeudi 21 juin 2018

19:00 et 21:10

Résumé : Michael et Dafna, mariés depuis 30 ans, mènent une vie heureuse à Tel Aviv. Leur fils aîné Yonatan effectue son service militaire sur un poste frontière, en plein désert. Un matin, des soldats sonnent à la porte du foyer familial. Le choc de l’annonce va réveiller chez Michael une blessure profonde, enfouie depuis toujours. Le couple est bouleversé. Les masques tombent.

Pays : Israël

Année : 2018

Durée : 1h53

Version : VOST

Date de sortie en France : 25 avril 2018

Réalisateur : Samuel Maoz

Scénario : Samuel Maoz

Image : Giora Bejach

Musique : Ophir Leibovitch

Avec : ior Ashkenazi, Sarah Adler, Yonaton Shiray...

Prix / distinctions : Lion d’argent, Venise 2017

Fiche
bobine

« Le foxtrot est la seule danse que je connaisse où les danseurs reviennent toujours à leur point de départ comme dans un cercle fermé qui se répète à l’infini… C’est la situation de mes personnages, et peut-être aussi de la société israélienne dans son ensemble. C’est le mouvement obsessionnel qu’Israël ne cesse de répéter depuis sa création, génération après génération. »

C’est ainsi que Samuel Maoz caractérise son nouveau et surprenant long métrage qui se divise en trois parties distinctes dont on ne doit rien dévoiler pour les apprécier pleinement : un drame familial réaliste en deux temps et une farce absurde autour d’une séquence de guerre, sans oublier une petite scène animée et une conclusion en forme de coup de poing.

Derrière l’humour à froid, le mélange des styles et des tonalités, le goût pour les embardées poétiques ou musicales, le réalisateur décrit une société malade, cernée par la violence qu’elle s’inflige d’abord à elle-même. Ainsi, le film joue sans cesse avec l’absurde des situations qui sont autant d’évidentes allusions au fonctionnement de la société israélienne. La mort, le deuil, le poids du souvenir de la Shoah, la culpabilité et le sacri- fice, le lien entre les différentes générations sont omniprésents dans cette tragédie qui s’avère être aussi un film politique par la réalité de l’état de guerre qu’elle présente.

Ces thèmes qui fâchent ne sont pas abordés de façon militante et frontale comme chez d’autres cinéastes. Foxtrot évoque ces sujets avec une ironie grinçante et avec une sorte de rage rentrée et caustique sublimée par une mise en scène imaginative, parfois étouffante ou à l’inverse aérienne, instillant de l’émotion, de l’humour, de la tendresse et de la colère.

De manière assez surprenante, Foxtrot a représenté Israël dans la course aux Oscars. Un choix qui a suscité une énorme polémique à Tel-Aviv en raison de sa représentation de l’armée jugée mensongère. Cela n’a cependant pas empêché le film d’être un très gros succès en salles. C’est sans doute la preuve que l’option militariste d’Israël, que Samuel Maoz qualifie d’entêtement, fait débat au sein même de la société israélienne.

Sources : dossier de presse, www.senscritique.fr, Première, avril 2018.

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