
Transit
jeudi 28 juin 2018
19:00 et 21:00
Résumé : De nos jours, à Marseille, des réfugiés fuyant les forces d’occupation fascistes rêvent d’embarquer pour l’Amérique. Parmi eux, l’Allemand Georg prend l’identité de l’écrivain Weidel, qui s’est suicidé pour échapper à ses persécuteurs. Il profite de son visa pour tenter de rejoindre le Mexique. Tout change lorsque Georg tombe amoureux de la mystérieuse Marie, en quête désespérée de l’homme qu’elle aime, et sans lequel elle ne partira pas…
Pays : Allemagne/France
Année : 2018
Durée : 1h41
Version : VOST
Date de sortie en France : 25 avril 2018
Réalisateur : Christian Petzold
Scénario : Christian Petzold, d'après le roman d'Anna Seghers
Image : Hans Fromm
Musique : Stefan Will
Avec : Franz Rogowski, Paula Beer, Godehard Giese...
Fiche
bobine
Après Barbara et Phoenix, Christian Petzold déplace le roman à haute portée politique et existentielle d’Anna Seghers – qui se déroule dans les années 40 – dans le Marseille d’aujourd’hui. Cette transposition n’est cependant jamais appuyée : ni film historique, ni relecture contemporaine d’une époque révolue, Transit paraît hors du temps. Il crée un espace de transit entre passé et présent d’où émerge une étrangeté envoûtante qui entre en résonance avec l’actualité.
Les personnages de Transit sont coincés à Marseille, ils attendent des bateaux, des visas… Ils tentent de fuir. Pour eux, il n’y aura pas de retour possible. Personne ne veut les accueillir, personne ne s’aperçoit de leur présence, hormis les policiers, les collaborateurs et les caméras de surveillance. Ils sont en passe de devenir des fantômes. Le présent passe à côté d’eux et ne leur accorde aucune attention. « Le cinéma aime les fantômes, peut-être parce qu’il est lui-même un espace de transit, un royaume intermédiaire. Nous, les spectateurs, sommes à la fois présents et absents ».
Il y a dans Transit un étonnant usage de la voix-off, outil surprenant dans le cinéma épuré de Petzold, avare d’explications. Son film a cette capacité rare d’être à la fois ultra-austère et pourtant ultra-romanesque. La voix-off suscite des interrogations et nous questionne également sur la nature de ce que l’on voit, sur l’identité de celui qui lit et sur notre place vis-à-vis du réel.
Tout, dans le film, constitue un inexplicable puzzle, celui de l’horreur de la guerre avec son traumatisme et son fantôme qui peuvent ressurgir à tout moment. Exploration de la détresse de l’exil et de l’absurdité administrative, Transit est aussi une histoire d’amour intemporelle et fantastique, portée par deux magnifiques comédiens : Franz Rogowski, fascinant et magnétique et Paula Beer (la magnifique héroïne de Frantz), énigmatique, insaisissable et envoûtante.
Sources : Dossier de presse, filmdeculte.com, utopia mars 2018.