3 jours à Quiberon

lundi 17 septembre 2018

19:00 et 21:10

Résumé : 1981. Pour une interview exceptionnelle et inédite sur l'ensemble de sa carrière, Romy Schneider accepte de passer quelques jours avec le photographe Robert Lebeck et le journaliste Michael Jürgs, du magazine allemand "Stern" pendant sa cure à Quiberon. Cette rencontre va se révéler éprouvante pour la comédienne qui se livre sur ses souffrances de mère et d'actrice, mais trouve aussi dans sa relation affectueuse avec Lebeck une forme d'espoir et d'apaisement.

Pays : Allemagne

Année : 2018

Durée : 1h55

Version : VOST

Titre original : 3 Tage in Quiberon

Date de sortie en France : 13 juin 2018

Réalisateur : Emily Atef

Scénario : Emily Atef

Image : Thomas W. Kiennast

Musique : Christoph Kaiser

Avec : Marie Bäumer, Birgit Minichmayr, Charly Hübner...

Prix / distinctions : Prix de la meilleure interprétation féminine à Marie Bäumer, Festival de Valenciennes 2018

Fiche
bobine

Il y a deux manières d’aborder un biopic. La première est de nous inonder d’informations biographiques que le réalisateur met en scène de la naissance à la mort. La seconde laisse aux spectateurs le soin de combler les trous pour raconter plus intimement la vérité d’un être. C’est cette deuxième voie qu’emprunte Emily Atef pour cerner au plus près la personnalité de Romy Schneider.
A 42 ans, l’actrice autrichienne est en cure de repos à Quiberon. Elle ressent le besoin impérieux de faire le point sur sa vie. Depuis son adolescence, elle enchaîne les films et n’a jamais connu l’insouciance de la jeunesse. Elle accepte d’être interviewée par un journaliste du magazine allemand Stern qui va la pousser dans ses derniers retranchements.
Ces entretiens, ponctués d’échappées heureuses dans la ville et sur la plage bretonne, nous permettent alors de découvrir la part d’ombre de Romy Schneider, femme complexe à la psychologie insaisissable et à la beauté ensorcelante. Le film exacerbe intelligemment le tragique et la solitude de la star malgré elle.
Le grand mérite d’Emily Atef est d’avoir confié le rôle principal à Marie Bäumer. Actrice allemande méconnue en France, elle réussit une performance étonnante. Bien sûr, il existe une ressemblance physique entre les deux femmes mais il ne faut surtout pas négliger le travail d’incarnation, la direction d’actrice et le soin méticuleux de la composition. Le mimétisme est frappant et l’on retombe à nouveau amoureux de la fragilité et de la détermination de la star, comme si elle revenait à la vie devant nos yeux – magie d’un cinéma sans effets spéciaux numériques, juste avec la position des mains, la manière de fixer l’interlocuteur ou de rire aux éclats.
De plus, la réalisatrice magnifie sa mise en scène avec une superbe photographie en noir et blanc pour respecter l’effet brut et sensuel des photos de Robert Lebeck, l’ami de Romy Schneider. Celles-ci étant à l’origine du film.
Ce choix renforce la sobriété de cette histoire simple qui esquisse sans emphase toute l’ambivalence d’une des plus grandes actrices des années 70 aux prises avec les choses de la vie. Un bel hommage !

Sources : La Croix 12 juin 2018, Paris Match 20 juin 2018, Positif juin 2018, avoir-alire.com

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