Woman at war

jeudi 27 septembre 2018

19:00 et 21:00

Résumé : Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

Pays : Islande

Année : 2018

Durée : 1h41

Version : VOST

Titre original : Kona fer í stríð

Date de sortie en France : 4 juillet 2018

Réalisateur : Benedikt Erlingsson

Scénario : Ólafur Egilsson, Benedikt Erlingsson

Image : Bergsteinn Björgúlfsson

Musique : Davíd Thór Jónsson

Avec : Halldóra Geirharðsdóttir, Jóhann Sigurðarson, Juan Camillo Roman Estrada

Prix / distinctions : Prix SACD, Semaine Internationale de la Critique, Cannes 2018

Fiche
bobine

Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres de l’Islande. Traquée, elle apprend en même temps que sa demande d’adoption va aboutir …..

Coup de coeur pour ce film à la fois singulier et fédérateur, à l’humour résolument absurde, qui dresse le portrait complexe d’une héroïne tiraillée entre la cause qu’elle défend et ses aspirations de mère. Ce récit, ancré dans l’actualité et les sublimes paysages de l’Islande, adopte un parti pris surréaliste en plaçant dans son décor un groupe de musiciens et un choeur ukrainien susceptibles, quand ils apparaissent au beau milieu d’une scène, d’insuffler courage et inspiration à l’héroïne. Un artifice malin pour souligner la dramaturgie : quand un événement survient, le spectateur est prévenu par des notes légères ou graves.

Le réalisateur Benedikt Erlingsson a offert le premier rôle à son amie d’enfance, Halldora Geirhardsdottir, parfaite en femme déterminée et seule contre tous. Il exprime dans son film ses préoccupations sur le réchauffement climatique et les ravages du capitalisme. Ce long métrage est un nouveau style de film militant, du genre à vous faire rire avant de vous faire réfléchir. Le combat pour l’environnement passe après le burlesque des situations que traverse cette Don Quichotte de la mondialisation.

Dans Woman at War, l’engagement d’Halla (et du cinéaste) pour l’écologie s’exprime dans chacun de ses agissements, plus que dans les discours qu’elle pourrait tenir. Il en est de même pour tous les personnages qu’elle rencontre. Il en va ainsi pour la nature hostile, protectrice ou guérisseuse, protagoniste à part entière du film. La dialectique propre aux sagas islandaises – le destin, l’honneur et la vengeance – se retrouve dans Woman at War, transformée et enluminée par la baguette magique de la fée Halla.

Si le divertissement est total, il ne saurait être vain pour Benedikt Erlingsson qui semble avoir fait sienne la maxime de Samuel Fuller :” Il faut faire des films quand on est en colère”.

 

Sources : le Journal du Dimanche, Le Monde, Le Courrier Art & Essai n°264 juillet 2018.

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