Après l’ombre

lundi 8 octobre 2018

19:30

Invité / Débat
En partenariat

Résumé : Une longue peine, comment ça se raconte ? C’est étrange ce mot qui signifie punition et chagrin en même temps. Ainsi s’exprime Didier Ruiz lorsqu’il entreprend la mise en scène de son dernier spectacle monté avec d’anciens détenus de longue peine. Dans le temps suspendu des répétitions on voit se transformer tous ces hommes – le metteur en scène y compris. Le film raconte la prison, la façon dont elle grave dans les chairs des marques indélébiles et invisibles. Il saisit le travail rigoureux d’un metteur en scène avec ces comédiens « extraordinaires ». Et surtout il raconte un voyage, celui qui va permettre à cette parole inconcevable de jaillir de l’ombre pour traverser les murs.

Pays : France

Année : 2018

Durée : 1h33

Version : VOST

Date de sortie en France : 28 mars 2018

Réalisateur : Stéphane Mercurio

Avec : documentaire sans acteurs professionnels


Fiche
bobine

Après l’ombre est le troisième documentaire que la réalisatrice Stéphane Mercurio consacre à l’univers carcéral. Cette fois, il ne s’agit pas de filmer la prison (A l’ombre de la République) ou un lieu d’accueil de famille de prisonniers (A côté) mais de cerner la difficile réinsertion de détenus ayant purgé une longue peine.

Dédé le Lyonnais, Alain le Marseillais, Louis Perego, Eric, Annette… Quatre hommes, une femme, si loin de nous, si proches… Enfants d’une même humanité, ils ont été trop tôt sevrés du lait de la tendresse humaine. Stéphane Mercurio, subtile documentariste, porte une fois encore à l’écran la parole trop rare et pourtant essentielle de ces oubliés de la République. Dès la première minute, elle est là qui nous happe comme une évidence universelle, intemporelle. Ces gens à l’écran ne jouent pas à être d’hypothétiques héros, ils jouent leur propre vie.

C’est dans une palpitante aventure collective que le film nous entraîne, vers la reconquête d’un courage collectif, celui de dire, de se dire sans pathos, sans misérabilisme, de raconter l’irracontable. « Car une longue peine comment ça se raconte ? C’est étrange ce mot qui signifie punition et chagrin en même temps » déclare Didier Ruiz, (metteur en scène de théâtre, fondateur de La Compagnie des hommes 1) lorsqu’il entreprend la mise en scène d’un spectacle monté avec des anciens détenus ayant purgé 14,18, 35 voire 40 ans de prison…

Au fil des témoignages poignants, parfois crus, naît une forme de poésie digne qui mérite le respect. Combien il est difficile de se reconstruire après tant d’années d’isolement, combien le terme de réinsertion peut apparaître comme un cynique miroir aux alouettes ! Le film dit l’enfermement qui colle à la peau, qui ronge les os, bien au-delà des portes du pénitencier.

Ce documentaire est sobre. Il raconte un voyage, celui qui va permettre à cette parole inconcevable de jaillir de l’ombre pour que l’indicible traverse les murs de la prison. Orchestrer des émotions n’est pas chose facile. Le film insiste sur le contrat de confiance indispensable au théâtre, il enrichit notre perception des rapports entre ce dernier et le cinéma, entre le vécu personnel et la performance artistique.

Sources : Utopia mars 2018 – A voir/à lire 10/04/18 – publikart 23/07/18

 

  1. Didier RUIZ et la Compagnie des Hommes

Délaissant un parcours d’acteur qui ne le satisfaisait plus, Didier Ruiz crée La Compagnie des Hommes en 1998. Il crée des spectacles avec acteurs mais s’intéresse aussi à ceux qu’il appelle des « innocents » par opposition aux comédiens professionnels, qui témoignent de leur histoire et par là-même d’histoires collectives. Il crée la série Dale recuerdos (je pense à vous) qui donne à entendre les souvenirs de nos aînés à travers le monde, hommes et femmes de plus de soixante-quinze ans.

En 2016, Une longue peine réunit quatre anciens détenus et la compagne de l’un d’eux. Didier Ruiz travaille à un nouveau projet sur une autre forme d’enfermement, celle des personnes trans-sexuelles.

 

Regarder la
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Evénement
en partenariat

En partenariat avec le Groupe Journées Prison Varennes-le-Grand

Le « Groupe Journées Prison Varennes le Grand » (1), œuvre au quotidien à faire du lien, en particulier avec les « personnes détenues » au Centre Pénitentiaire de Varennes-le-Grand.

La prison fait partie de notre Société, des peines ont été prononcées, elles sont exécutées et, plus important, les personnes déte- nues seront à terme de retour dans la Société.

Une personne détenue, que son emprisonnement soit long ou court reste un « citoyen à part entière », quelle que soit la faute commise, il a droit au respect de sa dignité. L’accompagnement, pendant la détention, par des « Bénévoles » a pour vocation de maintenir, voire de redonner du sens à la vie .

La sortie de ces personnes est un enjeu fort qui conditionnera leur nou- velle vie.

Un enjeu pour la personne elle-même, mais aussi un enjeu pour la Socié- té, afin d’éviter la récidive et reconnaître dans celui (ou celle) qui a payé sa dette, en passant un certain temps derrière les barreaux, le droit de reprendre sa place, dans la Société.

C’est au titre de cet accompagnement, que nous vous invitons à entamer une réflexion, à échanger avec la réalisatrice du film pour, nous l’espérons, modifier le regard que nous portons sur la population carcérale.

 

(1) Associations composant le Groupe :
Le Secours Catholique, Les aumôneries Catholique, Musulmane et Protestante, le Courrier de BOVET, les Visiteurs de Prison (ANVP), la Croix Rouge française

Soirée spéciale
Invité – Débat

En présence de la réalisatrice Stéphane Mercurio

Stéphane Mercurio fait des études de droit. Elle travaille d’abord dans l’humanitaire et la presse comme rédactrice en chef du mensuel La Rue. Puis elle entame une carrière de réalisatrice. Dans ses documentaires, elle aborde des problèmes de société tels que la vie d’une femme de ménage, les sans-logis, les lieux de privation.

Elle s’engage au plus près de ses personnages dans des sujets de société parfois brûlants, parfois ignorés. Son premier film Scènes de ménage avec Clémentine, sur les rapports entre une femme de ménage et ses employeurs, sera diffusé par Arte et sélectionné dans de nombreux festivals. En 1993, elle tourne Une lutte pour le logement et s’investit dans le magazine La Rue. En 1996, elle réalise Cherche avenir avec toit, chronique sur la sortie de l’exclusion. Depuis, elle n’a cessé d’écrire et de réaliser des documentaires pour la télévision et le cinéma.

Stéphane Mercurio a un don rare et précieux pour une documentariste, elle sait appro- cher en douceur, mettre en confiance, écouter et faire parler ceux qu’elle filme.

 Filmographie sélective

Longs métrages

  • Après l’ombre – 1h33 – 2017
  • A l’ombre de la République – 1h40 – 2012 Mourir ? Plutôt crever ! – 1h36 – 2010
  • A côté – 1h32 – 2008

Courts métrages

  • Une si longue peine – 27mn – 2017
  • Quelque chose des hommes – 27mn – 2015 Quinze kilomètres trois – 22mn – 2014

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La soirée en
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