Heureux comme Lazzaro

jeudi 29 novembre 2018

18:30 et 21:00

Résumé : Lazzaro, un jeune paysan d’une bonté exceptionnelle vit à l’Inviolata, un hameau resté à l’écart du monde sur lequel règne la marquise Alfonsina de Luna. La vie des paysans est inchangée depuis toujours, ils sont exploités, et à leur tour, ils abusent de la bonté de Lazzaro. Un été, il se lie d’amitié avec Tancredi, le fils de la marquise. Une amitié si précieuse qu’elle lui fera traverser le temps et mènera Lazzaro au monde moderne.

Pays : Italie

Année : 2018

Durée : 2h10

Version : VOST

Titre original : Lazzaro felice

Date de sortie en France : 7 novembre 2018

Réalisateur : Alice Rohrwacher

Scénario : Alice Rohrwacher

Image : Hélène Louvart

Musique : Lina Cardillo

Avec : Adriano Tardiolo, Agnese Graziani, Luca Chikovani ...

Prix / distinctions : Prix du scénario, Cannes 2018

Fiche
bobine

Sous des airs quelque peu désuets de pastorale chrétienne, Heureux comme Lazarro, le troisième long métrage de la réalisatrice italienne Alice Rohrwacher, ( après Corpo Celeste en 2011 et Les Merveilles en 2014), surprend par l’ambivalence de son écriture à la fois terre à terre et en quête d’élévation.

Dans une ferme, dans un lieu-dit hors du monde et du temps appelé « Inviolata », vivent et travaillent une trentaine de paysans, persuadés d’appartenir corps et biens à la propriétaire des lieux, la marquise de Luna. Lazzaro, adolescent simplet à la parenté incertaine, exécute les tâches les plus viles sans jamais se plaindre. Les autorités, ayant fini par débusquer ce hameau isolé, mettent fin à ce servage éhonté. Dans la débâcle générale, Lazzaro chute d’une falaise…et ne se réveille que bien plus tard…Il prend alors la route de la grande ville où il retrouve ses anciens compagnons tout aussi miséreux et exploités qu’à la campagne, vieillis et usés par le vagabondage et la mendicité, alors que lui, a gardé sa jeunesse.

On plonge dans le regard incroyablement céleste de Lazarro, symbole de l’innocence perdue, pour cheminer avec lui à travers les époques dans ce conte moral empreint de douceur et de mysticisme. Avec ses cheveux bouclés, son visage naïf et ses grands yeux écarquillés, Lazarro n’est peut-être pas autre chose qu’un pur regard, transcendant et sans âge, posé sur la condition même des sous-prolétaires. Il veille, insondable, sur les vaincus et les damnés de la terre sans pouvoir soulager leur fardeau.

Avec des images surannées dues à la pellicule d’une caméra super 16, la réalisatrice donne à son film un dépouillement et une austérité qui collent à son sujet tout en renouant avec l’âge d’or du néoréalisme italien et la féerie drolatique d’un Fellini.

 

Sources : Télérama 10/11/2018 –  Le Monde 8/11/2018 . Dossier de presse

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