Tout ce qu’il me reste de la révolution

jeudi 7 mars 2019

19:30

Résumé : Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être né « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise. Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses. Que lui reste-t-il de la révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à construire? Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, Angèle tente de trouver un équilibre…

Pays : France

Année : 2019

Durée : 1h28

Date de sortie en France : 6 février 2019

Réalisateur : Judith Davis

Scénario : Judith Davis, Cécile Vargaftig

Image : Émilie Noblet

Musique : Boris Boublil, Julien Ome

Avec : Judith Davis, Malik Zidi, Mireille Perrier, Mélanie Bestel, Claire Dumas ...

Prix / distinctions : Prix du jury, Angoulême 2018

Fiche
bobine

Angèle vient d’une famille de militants marxistes, mais seul son père, chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. Sa mère, installée à la campagne, a abandonné son combat politique, et sa soeur a choisi le monde de l’entre- prise. En colère et déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses. Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, elle tente de trouver un équilibre.

Comment parler des illusions marxistes qui se sont désagrégées au fil du temps ? Pour Angèle , une seule possibilité : en râlant. Dans cette comédie romantico-politique rageuse et très drôle, la jeune réalisatrice, Judith Davis ( qui signe ici son premier film) incarne elle-même une jeune architecte urbaniste qui vitupère contre tout et tout le monde, tentant de compenser l’échec des idéologies de ses parents militants.

Vouloir changer le monde ? Hériter de ce rêve est une malédiction mais aussi une injonction à tracer sa propre voie citoyenne et sentimentale. Le film, adapté d’un spectacle du collectif L’Avantage du doute, fluide et énergique dans sa mise en scène, est un festival de bons mots , dont certains sont appelés à devenir culte. Ils fusent, échangés avec un plaisir communicatif par une troupe, ou plutôt un collectif de comédiens épatants. Voilà une comédie qui redonne foi en tout, gorgée d’une intelligence et d’une force qui donnent du baume au coeur et qui réveillent les consciences.

Malgré le constat cinglant que ce long métrage dresse de notre époque, nous retiendrons son refus joyeux du No Future ! Judith Davis s’est attaquée de façon complètement pertinente et hilarante aux idéologies, aux mythes et à un monticule de trahisons et de déceptions. Le rire n’a jamais empêché la réflexion ni la tendresse, bien au contraire. La force vitale et la joie en tant qu’énergie réparatrice et libératrice triomphent.

Ce film d’une fraîcheur vivifiante est une réussite où se mêlent humour, amour et combat politique, un moment de bonheur du début jusqu’à la fin.

 

Sources : Télérama, Utopia janvier 2019, lavantagedudoute.com

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Evénement
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En partenariat avec la neuvième édition du Festival Diversité 2019
Organisé et animé par le Centre Image – Pôle régional d’éducation aux images – avec le soutien de la CGET, du Conseil Régional BFC, de la DRAC BFC et de Pays de Montbéliard Agglomération, le festival Diversité se déroulera cette année du 20 mars au 5 avril 2019 Diversité est un festival citoyen et collaboratif qui s’appuie sur le réseau des partenaires régionaux du Pôle qui sont tous les ans toujours plus nombreux.

Les objectifs de ce festival sont clairement définis puisqu’il s’agit d’une part de mettre en lumière les aspects positifs du vivre ensemble et les discriminations dont peuvent être victimes nombre de nos semblables, et d’autre part de libérer la parole citoyenne sur des questions de société délicates tout en parlant de cinéma.

Pour être au plus près de ces ambitions, Diversité propose donc une programmation individualisée, afin de satisfaire les désirs de cinéma singuliers des différents partenaires et de respecter les habitudes sur chaque territoire. La programmation du festival cherche à accompagner les nombreuses initiatives locales en matière de promotion de la tolérance et de lutte contre les discriminations par le biais du cinéma.

Diversité 2019. PROGRAMME

Soirée spéciale
Invité – Débat

En présence de la comédienne Mélanie Bestel

Mélanie Bestel

Après une licence d’Études Théâtrales à l’Université de Lyon II, Mélanie Bestel sera d’abord assistante à la mise en scène de Michel Raskine et ensuite elle entrera au Compagnonnage. Elle garde de cette formation le goût de jouer,écrire et mettre en scène au coeur de bandes d’acteurs et travaille avec nÖjd ou Tg Stan. Elle joue également dans des spectacles de metteurs en scène qui se posent la question de “l’écriture de plateau”, comme Gwenaël Morin, Christian Geoffroy-Schlittler ou Halory Georger.

 

Le Collectif “L’Avantage du doute” ( Simon Bakhouche, Mélanie Bestel, Judith Davies, Claire Dumas, Nadir Legrand, Maxence Tual )

Alors qu’ils n’étaient pas si nombreux ceux qui s’affranchissaient de l’organigramme de la compagnie professionnelle pour adopter des modèles coopératifs , L’Avantage du doute, né en 2007, est aujourd’hui un collectif remarqué sur la scène française. Sa particularité est qu’il s’affirme comme une communauté d’acteurs et d’auteurs.

Ils ont créé un premier spectacle, Tout ce qui nous reste de la révolution, c’est Simon puis La Légende de Bornéo, autour de la question du travail et ils viennent de créer leur trosième projet : Le bruit court que nous ne sommes plus en direct

Qu’entend L’Avantage du doute par collectif ?

« La création de notre groupe répond tout d’abord à une nécessité politique au sens large, que nous partageons , celle d’appartenir à un collectif. Notre groupe est celui de la prise de pouvoir d’acteurs-auteurs qui vivent le processus de créations de leurs pièces comme un exercice concrètement démocratique. Le texte final est indissociable de ce que nous sommes/pensons/questionnons : nous faisons corps avec la pièce. À l’image de notre processus, s’invente alors sur le plateau un théâtre qui déplace nécessairement la position du spectateur : un théâtre où ceux qui l’écoutent sont pris à témoin, interpellés globalement comme partenaire principal ».

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