
Troppa grazia
jeudi 11 avril 2019
19:00 et 21:00
Résumé : Lucia, mère célibataire, bataille pour trouver un juste équilibre entre sa fille adolescente, une histoire d’amour compliquée et sa carrière de géomètre. Son avenir professionnel se voit compromis lorsqu’elle réalise que la future construction d’un bâtiment ambitieux s’avère être dangereuse pour l’environnement en raison des cartes topographiques inexactes du conseil municipal. Lucia est tiraillée mais par peur de perdre son travail, elle décide de garder le silence sur cette découverte. Une mystérieuse étrangère essaye alors de convaincre Lucia de tenir tête à ses supérieurs et recommande la construction d’une église sur le site du chantier problématique. Lucia, qui croit aux miracles, va rapidement être mise à l’épreuve. Distributeur KMBO
Pays : Italie
Année : 2019
Durée : 1h50
Version : VOST
Date de sortie en France : 26 décembre 2018
Réalisateur : Gianni Zanasi
Scénario : Gianni Zanasi
Image : Vladan Radovic
Avec : Alba Rohrwacher, Elio Germano, Giuseppe Battiston ...
Fiche
bobine
Lucia, jeune géomètre, vient de rompre avec son compagnon. Elle est chargée d’effectuer des relevés topographiques pour un futur chantier dont elle découvre que les responsables sont corrompus. Ce n’est que le début des surprises qui l’attendent…
Ce film, qui se présente de prime abord comme une comédie, ne fait pas dans la facilité car il est toujours délicat d’aborder le surnaturel au cinéma surtout lorsqu’il s’inscrit dans le quotidien. Il faut donc se laisser guider par le réalisateur qui adopte le point de vue de Lucia au regard totalement décalé dès qu’elle lève les yeux de sa lunette de géomètre. Fini alors les alignements et calculs précis, place aux dérangements et à la confusion.
Les petites affaires quotidiennes et les gros coups immobiliers, ce n’est plus pour Lucia. Sa révélation : garder une approche globale du milieu naturel transmis par les générations antérieures afin d’écarter les meurtrissures provoquées par la vénalité de l’homme. Elle refuse toutes les interventions même divines. Sous ses apparences de femme à la dérive, elle devient responsable et capable de faire bouger les choses.
Comme elle, à nous à ne pas tomber dans le travers dénoncé par le cinéaste Robert Bresson : « regarder sans voir et écouter sans entendre ».1
Le sujet, situé entre comédie grinçante et fable surnaturelle, est certes légèrement déstabilisant mais il est servi par la recherche d’une belle image, de dialogues ciselés, de superbes morceaux musicaux et par une actrice principale irréprochable : Alba Rohrwacher, déjà vue à La bobine dans Palerme et Heureux
comme Lazzaro, incarne avec conviction une femme en marge de ses contemporains.
1. in Bresson par Bresson, entretiens 1943-1983 rassemblés par Mylène Bresson – Flammarion 2013.