Dernier jours à Shibati

lundi 17 juin 2019

19:00 et 21:00

Résumé : Dans l'immense ville de Chongqing, le dernier des vieux quartiers est sur le point d'être démoli et ses habitants relogés. Le cinéaste se lie d'amitié avec le petit Zhou Hong et Madame Xue Lian, derniers témoins d'un monde bientôt disparu.

Pays : France

Année : 2018

Durée : 59 min

Version : VOST

Date de sortie en France : 28 novembre 2018

Réalisateur : Hendrick Dusollier

Scénario : Hendrick Dusollier

Prix / distinctions : Prix du public, du jury et de la distribution, Rencontres du moyen métrage, Brive 2018


Fiche
bobine

Dans la ville chinoise de Chongqing se trouve le quartier très pauvre de Shibati. C’est là que le documentariste français Hendrick Dusollier pose sa caméra ou plutôt se glisse, caméra en main, dans les ruelles sinueuses et délabrées. Comme le dira plus tard son interprète, « il s’intéresse à tout ce qui va disparaître » : car le quartier s’apprête à être détruit, et ses habitants relogés de gré ou de force.

Ce qui fait tout le prix de Derniers jours à Shibati , multi-primé dans de nombreux festivals internationaux, c’est que Dusollier ne se donne aucun air de documentariste français venu filmer la misère à l’autre bout du monde. Son dispositif est tel qu’il échappe à tous les écueils qui auraient pu miner un tel projet, à commencer par une position de surplomb.

Pour y échapper, Dusollier fait le choix de débarquer en Chine sans interprète et, visiblement, sans comprendre un mot de ce qu’on lui raconte. Les habitants se moquent gentiment de lui : « S’il vient ici, c’est que ça doit être un paumé dans son pays. » avant de se préoccuper de savoir s’il a mangé.

Ces adresses à celui qui filme rappellent cette évidence trop souvent absente de nombre de documentaires : les ” sujets ” regardent et pensent aussi le filmeur. Si l’on devait comparer la méthode documentaire de Dusollier, elle évoquerait les allées et venues d’un chien : mutique, errant dans les rues, attirant l’attention et l’affection des habitants, s’attachant à un personnage qu’il finit par ne plus quitter, disparaissant pour revenir quelques mois après.

Loin de se cacher derrière sa caméra pour devenir un pur œil ethnologique, Dusollier préfère se laisser guider par les habitants. Des personnages qui, bien loin de se plaindre, regrettent pourtant de devoir aller habiter dans des appartements modernes. En ce sens, Derniers jours à Shibati ne filme pas tragiquement la pauvreté, mais donne le sentiment d’avoir trouvé, dans une grande métropole, un passage secret qui donne sur un pays imaginaire bientôt voué à la destruction.

Sources : Le Monde et Télérama 28 novembre 2018

Article paru sur Info Chalon le 18 juin 2019 : http://www.info-chalon.com/articles/cinema/2019/06/18/44504/la-bobine-presentait-lundi-soir-derniers-jours-a-shibati-a-chalon-sur-saone/

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