Une vie cachée

jeudi 12 décembre 2019

19:00

Résumé : Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants, Franz reste un homme libre. Une vie cachée raconte l'histoire de ces héros méconnus.

Pays : Etats-Unis

Année : 2019

Durée : 2h53

Version : VOST

Titre original : A Hidden Life

Date de sortie en France : 11 décembre 2019

Réalisateur : Terrence Malick

Scénario : Terrence Malick

Image : Jörg Widmer

Musique : James Newton Howard

Avec : August Diehl, Valerie Pachner, Michael Nyqvist...

Prix / distinctions : Prix du jury oecuménique et prix François-Chalais, Festival de Cannes 2019


Fiche
bobine

Dans un film de près de trois heures (sans une seconde d’ennui), Malick s’intéresse au destin de l’objecteur de conscience Franz Jagerstätter, un modeste agriculteur autrichien qui, durant la Seconde Guerre Mondiale, refusa de prendre les armes et de se soumettre aux diktats hitlériens en raison de son pacifisme, de son humanisme et de ses croyances mystiques.
Vivant dans un village reculé avec son épouse et ses trois filles, Franz devra d’abord subir l’hostilité de ses voisins et anciens amis qui, contaminés par la haine et l’hystérie guerrière, le considèrent comme un lâche et un traître à sa patrie. Il devra ensuite supporter le pire dans les casernes et les prisons où il sera incarcéré et martyrisé par les autorités militaires et pénitentiaires.
Ce qui avec un cinéaste moins personnel aurait pu n’être qu’une honnête reconstitution historique devient ici une œuvre profonde sur l’intégrité morale et politique, sans que le récit ne dévie vers le didactisme.
Le film développe plus ou moins précisément les thèses présentes dans la pièce Antigone d’Anouilh. D’un côté, la nécessité de faire ce qui est juste. « Je ne peux pas faire ce que je crois mal. » explique simplement le héros. De l’autre, l’idée qu’une simple action individuelle est dérisoire face à la force du groupe, du monde tel qu’il est. Malick oppose donc le résistant et ses contradicteurs, trop lâches ou qui aiment trop la vie, pour aller jusqu’au bout de leurs idées.
Dans un film magnifique, Malick nous affiche la droiture d’esprit comme un absolu face à l’ignominie nazie. Il dépeint le portrait d’un saint contemporain, héros de l’ombre et du refus.

Un film à méditer dans notre époque troublée…

 

Sources : Marianne et La Croix, 20 mai 2019.

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