Pour Sama

lundi 20 janvier 2020

19:30

3,50 euros avec le pass Télérama

Résumé : Waad al-Kateab est une jeune femme syrienne qui vit à Alep lorsque la guerre éclate en 2011. Sous les bombardements, la vie continue. Elle filme au quotidien les pertes, les espoirs et la solidarité du peuple d’Alep. Waad et son mari médecin sont déchirés entre partir et protéger leur fille Sama ou résister pour la liberté de leur pays.

Pays : Syrie - Royaume-Uni

Année : 2019

Durée : 1h40

Version : VOST

Titre original : For Sama

Date de sortie en France : 9 octobre 2019

Réalisateur : Waad Al-Kateab, Edward Watts

Avec : Waad Al-Kateab, Hamza Al-Khateab, Sama Al-Khateab

Prix / distinctions : Œil d’or, Cannes 2019. Hitchcok coup de cœur, Dinard 2019 Prix du meilleur documentaire européen, Berlin 2019 Grand prix et prix du public, festival War on Screen, Châlons-en-Champagne 2019

Fiche
bobine

Mission compliquée que la nôtre : vous convaincre d’oser dépasser vos réticences, vos craintes, et de venir voir Pour Sama. Vous dire peut-être que ce documentaire, ovationné et récompensé lors du dernier Festival de Cannes, salué par une presse unanime, fait partie de ces œuvres qui laissent une trace indélébile dans l’âme et le cœur du spectateur. Vous dire aussi que ce film est porté par une incroyable force de vie, qui habite chaque plan saisi par la caméra de Waad al-Kateab. Ce qui est sûr, c’est que montrer Pour Sama, c’est continuer à croire que le cinéma peut changer notre regard sur le monde et modestement contribuer à faire de nous des êtres plus ouverts, moins égocentrés.
Pour Sama est à la fois un journal intime, un film de guerre, une longue et sublime déclaration d’amour d’une mère à son enfant, un acte de résistance, une œuvre politique, un récit épique. Jeune étudiante à Alep, Waad suit avec sa petite caméra numérique les premières manifestations contre le régime de Bachar al-Assad. Elle filme la fougue de la jeunesse, les slogans sur les murs, les sourires de ces jeunes rêvant de printemps. Quand la répression commence à se durcir, Waad filme toujours. Elle filme sa vie, son quotidien, celui de son mari, directeur de l’hôpital d’Alep et ce pays qu’elle chérit. Elle filme ses peurs, ses joies, ses espoirs, sa douleur. Des images terribles, parfois insoutenables, d’une cruauté sans nom, mais aussi de nombreux moments de grâce, des plaisanteries, des gestes d’amour et de tendresse.
Mais il ne s’agit pas d’un simple reportage, aussi dramatique soit-il. Pour Sama est d’abord une œuvre de cinéma sans aucune intention voyeuriste. En effet, malgré le contexte de tournage incroyablement dangereux, la réalisatrice parvient à construire un montage de très grande qualité. Elle soigne la photo, et l’étalonnage remarquable donne à ce récit autobiographique la densité d’une œuvre littéraire qui dit l’abandon de tout un pays par la communauté internationale et la détresse des parcours d’exil. C’est terrifiant et bouleversant d’humanité.

 

Sources : cinemas-utopia.org, Avoir-alire.com, La Croix 8/10/19

 

 

 

La bataille d’Alep (2012- 2016)
Elle débute par une offensive des rebelles qui s’emparent rapidement des quartiers Est, mais échouent à emporter toute la ville. Pendant quatre ans, Alep se retrouve divisée entre sa partie Ouest, tenue par le régime, et sa partie Est, contrôlée par l’opposition. De multiples factions prennent part à la bataille.
Le camp loyaliste se compose de l’armée syrienne, de milices pro-gouvernementales et de l’Iran qui engage son armée régulière et des milices islamistes chiites irakiennes, libanaises et afghanes avec notamment le Hezbollah. Le camp rebelle rassemble quant à lui une multitude de brigades, pour la plupart affiliées à l’Armée syrienne libre, des groupes islamistes  sunnites  indépendants ou salafistes ou djihadistes comme le Front al-Nosra. En 2015, la plupart des groupes de l’opposition se rassemblent au sein de la coalition Fatah Halab.
Apparu en 2013 à Alep, l’État islamique combat d’abord aux côtés de la rébellion avant d’entrer en conflit avec elle début 2014. Chassé d’Alep en janvier 2014 par les rebelles, l’État islamique poursuit cependant les combats aux abords de la ville. Les Kurdes des YPG tiennent quant à eux un quartier au nord d’Alep, ils suivent leurs propres objectifs et s’allient tantôt avec le régime et tantôt avec les rebelles.

La fin de la bataille
Fin  2015, l’intervention militaire de la  Russie  finit par faire pencher la balance en faveur du camp loyaliste. Alep-Est est définitivement encerclée et en novembre 2016 les défenses rebelles s’effondrent. Acculés dans une ultime poche de résistance, les rebelles capitulent le 13 décembre 2016. Au terme d’un accord, les derniers insurgés et civils assiégés sont évacués entre le 15 et le 22 décembre 2016. La bataille d’Alep a causé la mort d’au moins 21 500 civils, essentiellement dans des bombardements commis par les deux camps. Les frappes menées par le régime syrien et la Russie ayant visé intentionnellement les populations civiles, les hôpitaux et la Défense civile syrienne, avec notamment l’utilisation de barils explosifs largués par hélicoptère et d’armes chimiques.

 

LA VILLE D’ALEP
Pendant des siècles, Alep a été la plus grande ville de la  région syrienne  et la troisième plus grande ville de l’Empire ottoman (après Constantinople et Le Caire). Avec une population de 2 132 100 habitants en 2004, Alep était la ville la plus peuplée du pays. Son importance historique est attribuée à son emplacement stratégique en tant que centre de commerce à mi-chemin entre la mer Méditerranée et la Mésopotamie (l’Irak moderne), puis à sa situation sur la route de la soie. Lorsque le canal de Suez est inauguré en 1869, le commerce est dévié vers la mer et Alep commence à décliner doucement. Ce déclin contribue à la préservation de la vieille ville. Son architecture médiévale et son patrimoine traditionnel sont classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1986. À la fin du siècle dernier, la ville montre un nouveau dynamisme.

Sources : wikipedia.fr

 

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Evénement
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Dans le cadre du Festival Télérama

Soirée spéciale
Invité – Débat

En présence d’Akram Katchee, doctorant en Sciences Politiques.

Akram Kachee est chargé de cours :
• En sciences politiques à Sciences-Po Lyon

• Sur Altereurope ( Analyse géopolitique des voisinages méditerranéens de l’Europe) à l’Université Jean Monnet – Saint-Etienne),

• En langue arabe à Sciences-Po Lyon

Il prépare une thèse sur les origines socio-économiques de la crise syrienne : La Syrie contemporaine, une société en mutation face à la violence. Entre 2012 et 2018, Il est intervenu dans de nombreux colloques internationaux (en France, en Europe et au proche Orient) sur la situation en Syrie. Akram Kachee parle le français, l’anglais et l’arabe et pratique la calligraphie arabe  à l’occasion d’événements culturels, associatifs ou à la demande de diverses structures. Akram est marié, père de deux enfants et vit en France depuis 1997.