La femme des steppes, le flic et l’œuf

jeudi 17 septembre 2020

19:00 et 21:00

Résumé : Le corps d’une femme est retrouvé aux confins de la Mongolie. Un policier novice est désigné pour monter la garde sur les lieux du crime. Une jeune bergère vient l’aider à se protéger du froid et des loups. Le lendemain matin, l’enquête suit son cours. Quanan Wang aborde et pense le cinéma juste autrement, il filme ce que tout le monde aurait coupé : des moments d’attente, des interstices. De cette langueur, naît une forme de poésie

Pays : Mongolie

Année : 2020

Durée : 1h40

Version : VOST

Titre original : Öndög

Date de sortie en France : 19 août 2020

Réalisateur : Quan'an Wang

Scénario : Quan'an Wang

Image : Aymerick Pilarski

Avec : Dulamjav Enkhtaivan, Aorigeletu, Norovsambuu Batmunkh...

Prix / distinctions : Montgolfière d’or , Les 3 Continents Nantes 2019

Fiche
bobine

Tout commence de nuit, dans une voiture filant sur une piste, tandis que des hommes parlent de leurs expériences de chasse. Des chevaux sauvages surgissent soudain devant eux, avant qu’un corps sans vie aperçu au sol ne provoque l’arrêt brutal du véhicule. Un jeune flic, un “bleu”, est chargé de veiller sur le cadavre toute la nuit, pendant que ses collègues vont chercher du renfort…
Bien des aspects de La Femme des steppes… font penser à Urga de Nikita Mikhalkov, et d’abord le fait que chaque œuvre ait été tournée après une longue période de silence de son réalisateur, depuis 2011 pour Wang Quan’an. Ces deux films sont portés par les paysages de steppe de la Mongolie : celle de Mikhalkov est verte, vallonnée et traversée de rivières alors que celle de Wang est aride et dorée.
Et pourtant, Wang Quan’an réussit un film qui n’appartient qu’à lui. A travers cette histoire, où la fable se mêle au documentaire, il se livre à une  méditation sur le cycle de la vie et de la mort qui n’est jamais didactique ou pesante mais toujours poétique et légère.
« Ce que voit l’oeil humain n’est pas toujours la réalité. » dit une voix off. Avec La Femme des steppes, le flic et l’oeuf, tourné en équipe réduite et avec des acteurs non-professionnels, Wang Quan’an semble être allé réapprendre, au cœur d’immensités splendides et presque désertes, à regarder les histoires humaines minuscules qui sont la matière vivante de ses œuvres.
Les petites lumières qui s’agitent dans la nuit, lorsque prend fin le film, constituent l’une des plus jolies scènes d’amour que nous ait données le cinéma ces derniers temps.

 

Sources : Positif n° 713-714, août 2020. Télérama, 19 août 2020.

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